Conseiller en gestion de patrimoine — faire durer l'argent que vous avez reçu

Renseignements gratuits

Donation-partage : guide complet pour transmettre votre patrimoine

Qu'entend-on par « donation-partage » ?

La donation-partage permet de donner et de répartir de votre vivant des biens entre vos héritiers.

L'acte est reçu par notaire et le transfert de propriété est immédiat.

Vous pouvez l'établir seul(e) ou avec votre conjoint(e) : on parle alors de donation-partage « conjonctive ».

Bon à savoir

La donation-partage fige la valeur des biens au jour de l'acte pour vérifier la réserve héréditaire. Les biens ne sont pas rapportables au décès, sauf montage défectueux. Pour bien comprendre les termes utilisés, consultez notre lexique fiscal complet.

Qui peut recevoir dans ce cadre et à quelles conditions ?

Vous pouvez allotir vos héritiers présomptifs (enfants, à défaut petits-enfants par représentation).

Vous pouvez aussi réaliser une donation-partage transgénérationnelle au profit de petits-enfants :

  • chaque enfant concerné doit donner son accord
  • chaque bénéficiaire doit accepter l'acte

Attention

Vous devez respecter la réserve héréditaire. Avec 1 enfant, la réserve est 1/2 du patrimoine ; avec 2 enfants, 2/3 ; avec 3 enfants ou plus, 3/4. La quotité disponible est la part restante.

Quels abattements fiscaux s'appliquent-ils tous les 15 ans ?

Les abattements se renouvellent tous les 15 ans. Ils se cumulent, dans certains cas, avec le « don familial de sommes d'argent ».

Tableau des abattements en fonction du lien de parenté

Lien avec le donateurAbattement par bénéficiaireRenouvellement
Enfant / Parent100 000 €15 ans
Petit-enfant31 865 €15 ans
Arrière-petit-enfant5 310 €15 ans
Époux/Partenaire de PACS80 724 €15 ans
Frère/Sœur15 932 €15 ans
Neveu/Nièce7 967 €15 ans
Personne handicapée (abattement additionnel)159 325 €15 ans

Pour estimer précisément le montant transmissible en franchise de droits, utilisez notre simulateur de donation gratuit en ligne.

Avantage fiscal

Le don familial de sommes d'argent (donateur < 80 ans et bénéficiaire majeur) ajoute 31 865 € exonérés tous les 15 ans par couple donateur/bénéficiaire. Il est cumulable avec les abattements ci-dessus.

Bon à savoir

Entre 2025 et 2026, un dispositif temporaire exonère certains dons d'argent affectés à l'achat ou à la rénovation énergétique d'une résidence principale, dans des limites et conditions spécifiques. Vérifiez votre éligibilité avant de signer. Découvrez aussi notre panorama des niches fiscales pour optimiser votre fiscalité globale.

Quels biens peuvent être donnés et sous quelle forme ?

Vous pouvez donner des biens présents : espèces, titres, parts de SCI, immobilier, droits indivis, etc.

Vous pouvez donner en pleine propriété ou en démembrement (nue-propriété avec usufruit conservé).

Tableau – Comment l'âge du donateur décote la nue-propriété ?

Âge de l’usufruitierValeur de l’usufruitValeur de la nue-propriété
≤ 20 ans90 %10 %
21–30 ans80 %20 %
31–40 ans70 %30 %
41–50 ans60 %40 %
51–60 ans50 %50 %
61–70 ans40 %60 %
71–80 ans30 %70 %
81–90 ans20 %80 %
≥ 91 ans10 %90 %

Par exemple, un homme de 65 ans qui donne la nue-propriété d'un bien qu'il met en location à ses 2 enfants et qui est évalué à 200.000 euros, la valeur de la nue propriété sera de 60% soit 140.000 euros. La donation sera donc imposé à hauteur de 70.000 euros par enfant. Au décès de leur père, les enfants récupèreront l'usufruit et donc la pleine propriété sans frais.

Bon à savoir

Il est également possible de donner un usufruit temporaire se valorise forfaitairement à 23 % par tranche de 10 ans, sans dépasser la valeur de l'usufruit viager du tableau.

Quels sont les avantages concrets et où sont les limites ?

Avantages :

  • Vous organisez la répartition maintenant, selon votre stratégie familiale.
  • Les valeurs sont gelées au jour de l'acte : vous neutralisez les réévaluations au décès.
  • Vous réduisez les futurs conflits successoraux et accélérez le règlement de la succession.
  • Vous mobilisez au mieux les abattements (tous les 15 ans).
  • Vous pouvez démembrer pour alléger l'assiette taxable et garder les revenus.

Limites / risques :

  • Acte irrévocable ; choix difficilement corrigeable.
  • Respect impératif de la réserve ; une action en réduction est possible si vous la dépassez.
  • Un lot trop inégal peut nécessiter une soulte ; cela peut entraîner des droits supplémentaires.
  • Incorporer d'anciennes donations lors d'une donation-partage peut déclencher un droit de partage (voir plus bas).
  • L'acte exige la mise d'accord de tous les donataires et des parents en cas de transgénérationnel.

Attention

Évitez d'attribuer des droits en indivision à plusieurs enfants au sein d'une donation-partage. Des décisions récentes ont sanctionné des montages sans lots vraiment distincts. Privilégiez des lots séparés pour sécuriser l'acte.

Quel est le coût du notaire pour la donation-partage ?

Le coût total comprend :

  • la rémunération du notaire que l'on appelle émoluments et qui suit un barème réglementé et sont proportionnels à la valeur en pleine propriété des biens donnés
  • les frais dépensés par le notaire dans le cadre de la donation parage sous forme de débours,
  • les frais de publicité foncière s'il y a de l'immobilier,
  • de la TVA.

Tableau – Quels sont les émoluments proportionnels d'une donation-partage ?

Tranche de valeurTaux HTTaux TTC indicatif
0 à 6 500 €4,837 %≈ 5,804 %
6 500 à 17 000 €1,995 %≈ 2,394 %
17 000 à 60 000 €1,330 %≈ 1,596 %
> 60 000 €0,998 %≈ 1,1976 %

Exemple de coût d'acte : sur 600 000 € de biens donnés, les émoluments TTC avoisinent ≈ 7 800 € (hors débours et frais fiscaux). Le chiffre exact dépend de la composition des biens et des formalités.

Bon à savoir

Le droit de partage n'est pas dû sur une donation-partage réalisée en un seul acte. En revanche, si vous réincorporez des donations antérieures dans une donation-partage, un droit de partage (souvent 2,5 %) peut s'appliquer sur les biens rapportés. La fiscalité des soultes peut, selon les cas, suivre le régime des ventes (droits de mutation à titre onéreux). Pour les biens immobiliers situés hors de France, consultez notre page sur la fiscalité de l'immobilier à l'étranger.

Comment calcule-t-on les droits de donation après abattements ?

En ligne directe entre parents et enfants (ascendants/descendants), la part taxable est imposée par tranches :

  • Jusqu'à 8 072 € : 5 %
  • 8 073 à 12 109 € : 10 %
  • 12 110 à 15 932 € : 15 %
  • 15 933 à 552 324 € : 20 %
  • 552 325 à 902 838 € : 30 %
  • 902 839 à 1 805 677 € : 40 %
  • Au-delà : 45 %

Entre frères/sœurs : 35 % puis 45 %.

Entre neveux/nièces : 55 %.

Entre non-parents : 60 %.

Bon à savoir

En pratique, c'est souvent le donateur qui règle les droits et frais. Cette prise en charge n'est pas traitée comme un complément taxable pour le donataire.

Quelles simulations rapides peuvent vous guider ?

Cas 1 — Couple, 2 enfants, donation-partage de 600 000 € en pleine propriété
Hypothèses : biens communs, répartition égalitaire, chaque parent donne 300 000 € (soit 150 000 € par enfant et par parent).

  • Abattement par enfant et par parent : 100 000 €.
  • Base taxable par enfant et par parent : 150 000 € – 100 000 € = 50 000 €.
  • Droits par barème (5 %/10 %/15 %/20 %) : ≈ 8 194 € par enfant et par parent.
  • Total droits pour 2 enfants et 2 parents : ≈ 32 777 €.
  • Émoluments d'acte (ordre de grandeur) : ≈ 7 800 € TTC (hors débours, TPF, CSI).
  • Intérêt : valeurs gelées au jour de l'acte ; conflit futur limité.

Cas 2 — Donateur de 68 ans, appartement de 400 000 € en nue-propriété à 1 enfant
Hypothèses : donateur conserve l'usufruit viager ; barème 61-70 ans → nue-propriété = 60 %.

Vous souhaitez adapter ces simulations à votre situation ? Notre simulateur de donation vous donne une première estimation en quelques clics. Pour un accompagnement personnalisé, retrouvez l'ensemble de nos guides patrimoniaux.

Comment annuler une donation-partage ?

La donation-partage est en principe irrévocable. Toutefois, la loi prévoit trois cas exceptionnels de révocation :

  • Inexécution des charges : le donataire ne respecte pas les obligations prévues dans l'acte.
  • Ingratitude : atteinte à la vie du donateur, sévices, injures graves ou refus d'aliments.
  • Survenance d'enfants : cette cause n'est plus automatique depuis 2007, mais peut être prévue dans l'acte.

La révocation doit être demandée en justice et reste très encadrée par les tribunaux.

Si vous êtes indépendant ou freelance, la transmission de votre patrimoine professionnel nécessite une attention particulière. De même, si une partie de votre patrimoine est placée en assurance-vie, PEA ou CTO, la donation-partage peut s'articuler avec ces enveloppes. Pour anticiper vos revenus futurs et calibrer votre donation, pensez aussi à utiliser notre simulateur de pension retraite.

Questions fréquentes

Quels sont les frais d'une donation-partage ?

L'acte notarié est obligatoire et ses émoluments dépendent de la valeur donnée : sur 600 000 € de biens, comptez environ 7 800 € TTC d'émoluments, hors débours et fiscalité. S'y ajoutent les droits de donation éventuels, après abattements.

Quels abattements s'appliquent ?

Les abattements de droit commun, renouvelables tous les 15 ans : 100 000 € par parent et par enfant notamment. Un couple avec 2 enfants peut ainsi transmettre 400 000 € sans droits, et recommencer 15 ans plus tard.

Peut-on donner en nue-propriété dans une donation-partage ?

Oui, et c'est un levier majeur : un donateur de 68 ans qui transmet un appartement de 400 000 € en nue-propriété n'est taxé que sur 60 % de la valeur (barème fiscal 61-70 ans), soit 240 000 €, tout en conservant l'usufruit.

Quel est l'avantage par rapport à une donation simple ?

La donation-partage fige la valeur des biens au jour de l'acte : au décès, pas de réévaluation ni de conflit sur qui a reçu quoi. C'est l'outil de la transmission apaisée entre plusieurs enfants.

Écrit par Valentin Papet

Conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA — ORIAS n° 25008014), fondateur de Beauvoisine Patrimoine. Intervenant dans des formations de master en gestion de patrimoine et auteur de « Indemnisation & Patrimoine ».

Dernière mise à jour :