Le titre et certification de CFA

La certification de Chartered Financial Analyst est décerné à tous les candidats qui réussissent les 3 niveaux d’examen du CFA. C’est un titre prestigieux en finance et son obtention est très difficile. Une fois certifiée, le titulaire peut utiliser le titre de CFA dans son CV.

Rémunération médiane d’un gestionnaire de portefeuille CFA : 150 000 € par an (soit 12 500 € par mois)

Les examens sont organisés par une entreprise privée basée aux Etats-Unis. Les examens se déroulent en anglais et coûtent environ 1 000 € par niveau, en sachant que les sessions d’examen en France sont uniquement à Paris (et pas de passage à distance).

Voici les taux de réussite à chaque niveau : CFA niveau 1 : 25 % de résussite ; CFA niveau 2 : 40 % de réussite ; CFA niveau 3 : 42 % de réussite. Mais pas de panique : plus de 200 000 professionnels ont déjà obtenu le CFA ! Ce n’est donc pas mission impossible et avec beaucoup de travail il est possible d’y arriver. En moyenne, un candidat met 4 ans pour valider les trois niveaux.

Présentation du CFA

Qu’est-ce que la certification CFA ?

La certification CFA (pour Chartered Financial Analyst) qui valide une expertise pointue en analyse financière, en gestion de portefeuille et en éthique professionnelle. En termes plus simples, le CFA est un peu comme un « super diplôme » pour financiers : il certifie qu’un professionnel maîtrise les connaissances essentielles pour analyser les marchés financiers et gérer des investissements complexes de manière rigoureuse.

Contrairement à un Master universitaire classique, le CFA est une certification professionnelle obtenue en dehors du système académique, souvent en parallèle d’un emploi.

Pour obtenir le titre de CFA Charterholder, il faut réussir un cursus en trois niveaux d’examen couvrant un large éventail de sujets financiers. Le programme aborde notamment :

  • l’éthique et la déontologie,
  • les méthodes quantitatives (statistiques, probabilités),
  • l’économie,
  • l’analyse financière et la comptabilité,
  • la finance d’entreprise,
  • l’investissement en actions, les obligations, les produits dérivés, les investissements alternatifs (immobilier, private equity, hedge funds, etc.),
  • la gestion de portefeuille

Pourquoi le CFA attire-t-il autant les professionnels de la finance ?

Obtenir le CFA représente un investissement personnel considérable, alors qu’est-ce que ce diplôme apporte en contrepartie ? En premier lieu, un savoir-faire financier extrêmement complet. La préparation aux examens du CFA vous force à maîtriser en profondeur des domaines variés de la finance. Même un professionnel expérimenté y apprendra énormément, car le programme couvre des sujets parfois ignorés dans les formations classiques. Par exemple, un ingénieur financier très calé en modélisation mathématique pourra combler ses lacunes en finance d’entreprise ou en économie grâce au CFA.

Ensuite, le CFA offre une reconnaissance et une crédibilité internationales. C’est un label d’excellence qui prouve votre engagement et votre éthique. Les recruteurs savent qu’un candidat Chartered Financial Analyst a dû faire preuve de rigueur et de persévérance pour réussir. Dans de nombreuses offres d’emploi en banque ou en gestion d’actifs, la mention CFA apprécié apparaît comme un plus sur le CV. En interne, décrocher le CFA peut aussi vous distinguer pour une promotion ou de nouvelles responsabilités. En somme, le CFA sert à « cocher la case » expertise financière aux yeux de l’industrie. Il rassure autant les employeurs que les clients sur vos connaissances techniques.

Enfin, ne tournons pas autour du pot : le CFA peut être un accélérateur de carrière et de salaire. Nous l’avons évoqué en introduction, les titulaires du CFA occupent souvent des postes à haute responsabilité (gérants de portefeuille, directeurs d’investissement, etc.), avec les rémunérations associées. Bien sûr, avoir le CFA ne garantit pas automatiquement un gros salaire, mais cela ouvre des portes qui sinon resteraient fermées. En ce sens, c’est un investissement qui peut avoir un excellent retour : avec de l’expérience, un analyste financier certifié pourra évoluer plus vite vers des fonctions mieux payées qu’un autre sans cette qualification.

Examens du CFA : fonctionnement et exigences

Comment se déroule le programme du CFA et ses examens ?

Le programme CFA est structuré en trois niveaux d’examen successifs (Level I, II et III). Chaque niveau correspond à un examen distinct, couvrant des portions différentes du curriculum. Historiquement, les examens se présentaient sous forme d’épreuves papier de 6 heures (en deux sessions de 3 heures dans la journée) organisées une fois par an. Depuis 2021, le CFA Institute a modernisé le format : les examens sont désormais passés sur ordinateur, et des sessions d’examen sont proposées plusieurs fois par an.

Chaque examen comporte un mélange de questions à choix multiples, d’études de cas et (pour le niveau III) de questions à réponses rédigées.

  • Le Level I se concentre sur les bases (outils quantitatifs, concepts économiques, principes comptables, éthique, etc.) et teste surtout la mémorisation et la compréhension des concepts fondamentaux via des QCM.
  • Le Level II approfondit ces notions et les applique à des situations concrètes : on y trouve des vignettes (cas pratiques) suivies de séries de QCM, qui exigent une analyse plus pointue des données financières.
  • Le Level III met l’accent sur la gestion de portefeuille et la synthèse de tout ce qui a été appris : il comprend des études de cas avec QCM avancés et des questions ouvertes où le candidat doit formuler des recommandations de gestion. .

Les examens CFA sont réputés pour leur difficulté. Les questions sont techniques, piégeuses, et couvrent un programme extrêmement vaste. Il ne suffit pas d’être bon dans un domaine : il faut être solide partout, de l’éthique aux dérivés en passant par l’analyse de bilan. Chaque niveau a son propre taux de réussite, généralement compris entre 40 % et 50 % les bonnes années. Certaines sessions ont même connu des résultats dramatiquement bas : en 2021, par exemple, le taux de réussite du Level I est tombé à 22 %, un record historique qui illustre la sévérité de l’épreuve.

Quelles sont les conditions et prérequis pour s’inscrire au CFA ?

L’un des atouts du CFA est que quasiment n’importe qui peut s’inscrire au Level I, à condition de remplir quelques critères minimum. Pas besoin d’avoir fait une grande école de commerce : le programme est ouvert aux professionnels comme aux étudiants, du moment qu’on respecte les prérequis fixés par le CFA Institute. Voici les conditions principales pour pouvoir entamer la certification :

  • Niveau d’études : avoir validé un diplôme de Bachelor (licence/Bac+3) ou être en dernière année de son cursus Bachelor.
  • Expérience professionnelle : pour obtenir la charte finale, il faut justifier d’au moins 4 000 heures (environ 4 ans) d’expérience professionnelle pertinente dans la prise de décision d’investissement. Autrement dit, il faudra avoir travaillé dans la finance (analyse, gestion, conseil…) pendant quelques années. Notez que cette expérience peut être acquise avant, pendant ou après le passage des examens – on peut donc passer les examens d’abord et cumuler l’expérience ensuite.
  • Examens : il faut bien sûr réussir les trois examens du CFA (Level I, II, III). Pas de diplôme sans valider 100 % des épreuves, cela va de soi !
  • Adhésion et éthique : il est obligatoire d’adhérer au CFA Institute et à une association locale de CFA (par exemple CFA Society France) en acceptant de se conformer au code d’éthique et de déontologie de l’institutalumneye.fr. En pratique, cela signifie s’engager à respecter des standards déontologiques élevés dans votre pratique professionnelle.
  • Références : depuis quelques années, le CFA Institute demande également aux candidats qui postulent au titre (après avoir validé les examens) de fournir deux ou trois lettres de recommandation de la part de professionnels attestant de votre bonne moralité et de votre expérience.

Comme on le voit, les critères portent surtout sur votre niveau d’études et votre expérience. Bonne nouvelle pour les étudiants : vous pouvez très bien démarrer le CFA dès vos études supérieures (beaucoup passent le Level I pendant ou juste après leur Master). Ainsi, vous n’aurez pas à « patienter » 4 ans avant de vous attaquer aux examens, du moment que vous validez votre Bac+3 en cours de route. En revanche, la charte CFA (le droit de vous présenter officiellement comme CFA Charterholder) ne vous sera accordée qu’une fois toutes les conditions remplies : réussite des trois niveaux et cumul de l’expérience professionnelle suffisante, le tout en adhérant à l’Institut. Cela garantit que les nouveaux CFA ne sont pas seulement brillants en théorie, mais aussi aguerris par la pratique du terrain.

Combien de temps de travail faut-il pour réussir le CFA ?

Préparez-vous à étudier dur. La masse de connaissances à absorber est énorme, et il faut la caser le plus souvent en plus du travail ou des études. En moyenne, les candidats consacrent plus de 300 heures de révision par niveau d’examen. Oui, vous avez bien lu : plus de 300 heures par niveau. Sur l’ensemble du cursus, on dépasse facilement 900 à 1 000 heures d’étude personnelle. C’est un chiffre qui fait réfléchir : imaginez, cela représente par exemple 10 heures par semaine pendant deux ans non-stop. Bien entendu, c’est une moyenne : certains très forts en finance pourront se contenter de moins, quand d’autres auront besoin du double. Mais l’ordre de grandeur y est.

Pour passer cette certification, vous devrez faire des sacrifices.

Au delà du coût financier, c’est surtout un coût en temps libre, surtout si vous travaillez ou que vous étudiez en parallèle de la préparation à la certification.

Combien coûte la certification CFA au total ?

Au-delà du temps, il y a aussi un investissement financier à prévoir pour passer le CFA. La certification n’est pas gratuite, loin de là, mais comparée au coût d’un MBA par exemple, cela reste raisonnable. Voici comment se décompose le coût du CFA Institute (hors frais de formation privés éventuellement) :

  • Frais d’inscription initiaux : lors de votre première inscription au programme, vous payez des frais de dossier d’environ 450 $ (autour de 400 €) une seule fois. C’est un droit d’entrée pour devenir candidat au CFA.
  • Frais d’examen par niveau : à chaque passage d’un Level, il faut payer l’inscription à l’examen. Ces frais varient selon la date à laquelle vous vous inscrivez (tarif early bird ou normal). Ils sont de l’ordre de 700 à 1 000 $ par niveaualumneye.fr. Par exemple, environ 700 $ si on s’inscrit très tôt, et pouvant monter autour de 1 000 $ en tarif standard. Il n’y a pas de tarif « last minute » car les inscriptions ferment bien avant l’exam.
  • Frais de logistique : Si vous n’habitez pas à côté du centre d’examen (ce qui est probablement le cas), vous pouvez rajouter le déplacement jusqu’à Paris et la nuit d’hôtel la veille de l’examen, prévoyons 300 €.
  • Cours ou document de préparation : prévoir au minimum 250 € par niveau

En résumé, comptez un budget de 3 000 à 5 000 € tout compris pour mener à bien la certification, étalé sur plusieurs années. Comparé à un MBA qui coûte souvent 50 000 € ou plus, le CFA est bien plus abordable. Et sachez que le CFA Institute propose des bourses pour aider certains candidats aux moyens limités. Le coût financier ne doit donc pas être un frein insurmontable, à condition d’anticiper ces dépenses dans votre plan de carrière. Le véritable « coût » du CFA, encore une fois, c’est surtout votre temps et votre énergie.

Carrière et valeur du CFA

Quels sont les avantages du CFA pour votre carrière ?

Le CFA peut devenir un atout majeur dans votre évolution professionnelle en finance. Voici les principaux bénéfices à en attendre :

  • Crédibilité renforcée : Le simple fait d’ajouter « CFA Charterholder » derrière votre nom sur LinkedIn ou votre CV vous distingue des autres.
  • Opportunités de carrière élargies : Vous pourrez intégrer des banques ou sociétés d’investissements très exigentes avec de fortes rémunérations.
  • Réseau professionnel : En obtenant le CFA, vous intégrez aussi une communauté de professionnels de la finance. Le CFA Institute et les associations locales (comme CFA Society France) organisent des événements, conférences, et disposent de forums d’entraide. Côtoyer d’autres Charterholders vous permet de partager des opportunités d’emploi, de vous tenir au courant des tendances du secteur, voire de trouver des mentors.
  • Expertise pointue et polyvalente : Sur le plan purement technique, le CFA vous donne une boîte à outils extrêmement complète pour exceller dans votre métier.

En combinant tout cela, on comprend que le CFA est souvent un catalyseur de carrière. D’ailleurs, une étude du CFA Institute indique que les gestionnaires de portefeuille certifiés CFA gagnent en médiane 54 % de plus que ceux qui ne le sont pastop-finance.net – ce n’est pas négligeable. Attention tout de même à rester lucide : le CFA ne remplace pas l’expérience, et il n’est pas forcément utile dans tous les métiers de la finance (par exemple, un trader ou un spécialiste en fintech pourront trouver la certification moins directement applicable). Il convient donc d’évaluer la pertinence du CFA par rapport à votre projet professionnel précis. Mais pour les carrières en investissement, en gestion d’actifs ou en analyse financière, les avantages énumérés ci-dessus rendent le CFA très désirable.

Quel salaire peut-on espérer avec un CFA ?

C’est une question épineuse car le salaire dépend de nombreux facteurs (poste occupé, pays, expérience, performance individuelle…). Le CFA en lui-même ne garantit pas un salaire donné, mais on peut donner des tendances observées. Comme mentionné, selon une enquête du CFA Institute, un gestionnaire de portefeuille titulaire du CFA gagne un total médian d’environ 177 000 $ par an (dont 126 000 $ en salaire de base)top-finance.net. Ce chiffre correspond plutôt au marché nord-américain et à des professionnels confirmés. Il donne une idée du haut du panier. En début de carrière, ne vous attendez pas à une telle somme, bien sûr. Cependant, de nombreux recruteurs accordent une prime salariale aux certifiés CFA. Par exemple, en sortie d’études, un jeune analyste financier ayant passé 2 ou 3 niveaux du CFA pourra négocier quelques milliers d’euros de plus qu’un autre candidat ne l’ayant pas fait.

En France, les salaires en finance de marché sont plus modestes qu’à Londres ou New York, mais le CFA peut vous aider à atteindre les fourchettes hautes de rémunération dans votre fonction. Un chargé d’affaires en banque privée avec CFA pourra ainsi prétendre à une rémunération supérieure à la moyenne de ses pairs sans CFA, car il sera susceptible de gérer une clientèle plus fortunée ou d’avoir un rôle de conseil patrimonial plus pointu. De même, un analyste financier buy-side certifié pourra évoluer plus vite vers un poste de gérant, avec la revalorisation salariale correspondante.

Il est toutefois difficile de chiffrer précisément le « bonus » CFA sur le salaire, car cela dépend du contexte. On peut estimer qu’à poste équivalent, un titulaire du CFA aura souvent une rémunération 10 à 20 % plus élevée qu’un non-certifié, du fait de sa valeur ajoutée perçue. Mais cet écart se concrétise surtout à moyen terme, lorsque vous gravirez les échelons. Pour résumer : le CFA vous positionne pour des postes mieux rémunérés, mais ce sera à vous de transformer l’essai par votre performance au travail. Voyez le diplôme comme un passeport pour des jobs haut de gamme (où les salaires sont élevés), plutôt que comme un ticket de loterie qui paie immédiatement. Et n’oublions pas que dans la finance, beaucoup de la rémunération provient des bonus annuels : or, plus vous êtes haut dans la hiérarchie (ce que facilite le CFA), plus votre bonus potentiel est conséquent.

Enfin, mentionnons que le CFA peut également être un atout financier pour vos propres investissements personnels. Si vous gérez en parallèle votre portefeuille boursier, les compétences acquises pourront vous éviter des erreurs coûteuses et améliorer vos rendements sur le long terme. Certes, ce n’est pas un « salaire » direct, mais mieux investir son épargne grâce au CFA, c’est aussi gagner de l’argent en quelque sorte !

Le CFA est-il reconnu en France et à l’international ?

Absolument. Le CFA est une certification d’envergure internationale, souvent considérée comme la plus haute distinction pour les analystes financiers et les gérants de portefeuille. Aux États-Unis, au Canada, en Europe, en Asie… le sigle CFA est compris et respecté dans le milieu de la finance. En France, le CFA n’est pas un diplôme d’État et n’a pas d’équivalent dans le système universitaire, mais il est de plus en plus connu des employeurs de la banque-finance. Les grandes banques de la place parisienne (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole/Amundi…) comptent chacune des centaines de salariés détenteurs du CFAfr.wikipedia.org. D’ailleurs, elles figurent parmi les plus gros employeurs de Charterholders dans le monde. Cela montre bien que le diplôme a trouvé sa place dans le paysage français de la finance.

Il faut savoir qu’en France, pour exercer certaines fonctions financières (par exemple, gérer des fonds ou conseiller des clients en investissement), la réglementation exige des certifications locales comme l’AMF (certification professionnelle des connaissances réglementaires) ou le statut de Conseiller en Investissements Financiers (CIF). Le CFA ne remplace pas ces obligations légales, mais il les complète avantageusement. Par exemple, un conseiller en gestion de patrimoine qui obtient le CFA apporte une expertise supplémentaire à ses clients sur la gestion de portefeuille mondial, en plus de sa connaissance des dispositifs français comme l’assurance-vie ou les avantages fiscaux du PEA. De même, un analyste financier sell-side à Paris avec un CFA aura une crédibilité accrue auprès des investisseurs institutionnels qu’il conseille.

En résumé, le CFA est reconnu en France comme un signe de compétence pointue en finance de marché, bien qu’il soit encore plus valorisé dans les pays anglo-saxons. Pour un jeune professionnel français qui vise une carrière internationale ou dans une institution d’envergure mondiale, c’est presque un must. Même pour rester en France, si vous voulez travailler dans la gestion d’actifs, la gestion de fortune, l’analyse boursière ou la banque d’investissement, le CFA sera un vrai plus sur votre CV. On peut donc dire que la reconnaissance est globale : le CFA est valable sur votre CV à Paris comme à Londres, New York ou Singapour. Peu de diplômes peuvent en dire autant.

Le CFA peut-il remplacer un master en finance ou un MBA ?

Le CFA et les diplômes universitaires (Master, MBA) sont deux choses assez différentes et complémentaires. Un Master en finance (par exemple un Master 2 en gestion financière ou un diplôme d’école de commerce spécialisation finance) apporte une base académique, souvent plus théorique et généraliste, avec la vie étudiante, les stages, etc. Un MBA est encore différent : c’est une formation post-expérience, très coûteuse, qui forme des managers plus que des experts techniques, et qui offre surtout un réseau et un label d’école.

Le CFA, de son côté, est purement focalisé sur la compétence technique en investissement. Il ne vous apprendra pas à gérer une équipe ou une entreprise comme pourrait le faire un MBA, et il ne comporte pas de volet « expérience pratique encadrée » comme un Master avec stages. En revanche, en termes de contenu financier pur, le CFA est souvent jugé plus poussé qu’un Master universitaire. Il va plus loin dans certains domaines (notamment l’éthique professionnelle, la gestion de portefeuille internationale, les normes comptables internationales, etc.). D’ailleurs, de nombreuses écoles intègrent une partie du programme CFA dans leurs cours de Master en finance tant les sujets sont pertinents.

Peut-on alors le remplacer à un diplôme ? Pas exactement. Si vous débutez, un Master ou un MBA donne une qualification académique et un titre reconnu par l’État, ce que le CFA n’est pas. Sur le marché français, il serait risqué de ne compter que sur le CFA sans aucune formation diplômante à côté. Par contre, le CFA peut suppléer un diplôme moyen ou compléter un bon diplôme. Par exemple, si vous sortez d’une université peu connue, avoir le CFA vous permettra de compenser en prouvant que vous avez le niveau technique d’un candidat d’école prestigieuse. Inversement, si vous avez fait HEC ou l’ESSEC, ajouter le CFA peut encore renforcer votre profil auprès des recruteurs internationaux ou dans des secteurs pointus.

Quant au MBA, le choix dépend de votre orientation. Un MBA vise des postes de management (direction, stratégie) et un changement d’échelle de carrière, souvent en s’éloignant du technique. Le CFA vous maintient dans la sphère technique de l’investissement. Ce n’est pas le même coût (quelques milliers d’euros pour le CFA contre parfois 100k€ pour un MBA) ni la même vie (on peut préparer le CFA en bossant, alors qu’un MBA implique souvent un break professionnel à plein temps d’un an ou deux). Beaucoup de professionnels de la finance cumulent les distinctions : par exemple un CFA + un MBA pour devenir à terme dirigeant d’une société de gestion, ou un Master spécialisé + CFA pour viser un poste d’analyste senior.

En résumé, le CFA ne remplace pas complètement un diplôme universitaire ou un MBA, mais il peut jouer un rôle équivalent en termes de reconnaissance dans le domaine de la finance d’investissement. Si votre objectif de carrière est clairement dans la gestion d’actifs, l’analyse financière, la banque privée haut de gamme, etc., le CFA pourrait même vous apporter plus concrètement qu’un MBA. À l’inverse, pour une carrière de dirigeant généraliste, un MBA sera plus approprié. Ce sont deux outils différents ; à vous de voir lequel correspond le mieux à vos ambitions – et rien ne vous empêche d’avoir les deux si vous en avez la possibilité et le courage !

Quels métiers peut-on exercer grâce au CFA ?

Le CFA est particulièrement utile (et reconnu) dans certains métiers de la finance. Voici une liste non exhaustive des débouchés où la certification fait la différence :

  • Analyste financier (Financial Analyst) 
  • Gérant de portefeuille (Portfolio Manager) 
  • Banque privée / Gestion de patrimoine
  • Gestion des risques (Risk Manager)
  • Consultant ou Auditeur financier 
  • Autres rôles en finance de marché 

On le voit, le CFA vous prépare surtout à des carrières dans l’investissement et la gestion d’actifs au sens large. Il y a cependant des domaines où le CFA est peu utile : la finance d’entreprise interne (contrôle de gestion, trésorerie d’entreprise, etc.), l’audit pur, la comptabilité pure ou la gestion de patrimoine « grand public » standard (orientée fiscalité sans gestion de portefeuille sophistiquée) ne requièrent pas vraiment le CFA. Il faut donc viser les métiers pour lesquels la connaissance approfondie des marchés et des produits financiers apporte une valeur ajoutée. À ce titre, on peut noter que même dans la fintech ou la gestion quantitative, certaines start-ups ou hedge funds quantitatifs apprécient que leurs recrues aient le CFA en plus de compétences en programmation, car cela garantit un certain niveau de culture financière et éthique.

Nos conseils pour réussir le CFA

Pour réussir ce marathon qu’est le CFA, il faut adopter une stratégie de préparation efficace. Voici quelques conseils pratiques, issus du retour d’expérience de nombreux candidats ayant réussi :

  • Commencer tôt et planifier : Ne procrastinez pas ! Établissez un planning de révision plusieurs mois à l’avance. Par exemple, si l’examen est dans 6 mois, fixez-vous des objectifs mensuels (chapitres à couvrir, QCM à pratiquer).
  • Étudier régulièrement : Mieux vaut travailler un peu chaque jour (ou chaque semaine) que de s’y mettre intensivement à la dernière minute. La régularité aide à ancrer les connaissances. Par exemple, 2 heures par soir en semaine ou de grosses sessions le week-end, peu importe le format mais créez-vous une routine. Il faut aligner les heures, comme on dit – rappelez-vous, le CFA est un marathon, pas un sprint.
  • Utiliser les supports adaptés : Le matériel officiel du CFA Institute (curriculum) est complet mais très volumineux. Beaucoup de candidats se tournent vers des notes de cours condensées (Kaplan Schweser ou autres) pour gagner du temps.
  • Ne pas négliger l’éthique : La section éthique représente une part significative de l’examen (surtout au Level I et III). Et ce sont des points « faciles » à prendre avec de la lecture et de la compréhension, pas du calcul. Beaucoup de candidats se font surprendre en l’abordant trop légèrement. Apprenez bien le Code of Ethics et les Standards of Professional Conduct, et entraînez-vous sur les cas d’éthique, car c’est souvent décisif pour passer la barre.
  • Rejoindre une communauté : Préparer le CFA peut être un chemin solitaire, mais vous pouvez le rendre plus agréable en échangeant avec d’autres candidats. Rejoignez des forums en ligne (comme AnalystForum, des groupes LinkedIn ou des groupes Facebook de candidats CFA) pour poser vos questions, trouver des explications alternatives, et surtout rester motivé. Si vous connaissez d’autres personnes qui passent le CFA, pourquoi ne pas former un petit groupe d’étude pour se soutenir ? Parfois, le simple fait de partager ses galères et ses astuces peut soulager la pression et vous donner de nouvelles idées pour apprendre plus efficacement.