Rédiger un testament

Un testament fixe vos volontés. Il évite les conflits et accélère le règlement de la succession. Vous pouvez choisir vos légataires, protéger votre conjoint ou partenaire, prévoir un tuteur pour vos enfants mineurs, organiser des legs caritatifs.

Sans testament, c’est la dévolution légale qui s’applique et dans certains cas c’est catastrophique.

Bon à savoir

En France, la déclaration de succession et le paiement des droits doivent intervenir en principe dans les 6 mois suivant le décès. Des intérêts de retard peuvent s’appliquer.

Quels types de testaments existent et comment choisir ?

Il existe 3 formes de testaments :

  • Testament olographe : écrit, daté et signé de votre main. Gratuit à rédiger. Vous pouvez le conserver chez vous ou le déposer chez un notaire (recommandé).
  • Testament authentique : dicté à un notaire, en présence de deux témoins ou d’un second notaire. Très sécurisé.
  • Testament mystique : rédigé par vous, remis fermé au notaire devant témoins. Rare car procédure lourde.
    (Le testament international, prévu par la Convention de Washington, est utilisé dans des contextes transfrontaliers.)

Exemple (olographe)
« Je soussigné(e) Jeanne Martin, née le 12/03/1965, rédige ce testament ce jour 01/10/2025 à Paris. Je lègue à mon conjoint Paul Martin l’usufruit de l’ensemble de mes biens. Je lègue à parts égales la nue-propriété de mes biens à mes enfants Louis et Emma. Je nomme Paul Martin exécuteur testamentaire. Fait, daté et signé de ma main. »

Quel est le coût d’un testament ?

  • Rédaction d’un testament authentique : environ 135,83 € TTC (émolument réglementé).
  • Dépôt/conservation d’un testament olographe chez notaire : environ 31,69 € TTC pour la garde ou le procès-verbal d’ouverture.
  • Inscription au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) : environ 12,88 € TTC par inscription (tarif technique national).

Bon à savoir

Le FCDDV ne contient pas le contenu du testament. Il indique l’étude où il est conservé, afin que vos héritiers le retrouvent.

Quelles limites devez-vous respecter (réserve héréditaire) ?

Vous ne pouvez pas priver vos enfants de leur part « réservée ». La part dont vous disposez librement s’appelle la quotité disponible.

Tableau – Part minimale réservée aux enfants et quotité disponible

Nombre d’enfantsRéserve héréditaire (au total)Quotité disponible
150 %50 %
266,67 %33,33 %
3 ou plus75 %25 %

Exemple
Vous laissez 600 000 €. Avec deux enfants, leur réserve globale est de 400 000 € (2/3). Il reste 200 000 € (1/3) pour gratifier votre conjoint, un enfant en plus, ou un tiers (association, neveu…).

Que peut-on mettre dans un testament, très concrètement ?

  • Legs : universel (tous vos biens), à titre universel (une catégorie : immobilier, portefeuille titres…), ou particulier (un bien identifié).
  • Nomination d’un exécuteur testamentaire pour veiller à l’exécution du texte.
  • Protection du conjoint : legs d’usufruit universel au conjoint et nue-propriété aux enfants.
  • Volontés funéraires et désignation d’un tuteur pour enfants mineurs.

Exemple (démembrement pour protéger le conjoint)
« Je lègue à mon épouse l’usufruit de l’universalité de mes biens ; à mes deux enfants la nue-propriété, par parts égales. »
Conséquence : votre conjoint conserve l’usage et les revenus des biens ; les enfants récupèrent la pleine propriété au décès du conjoint.

Comment rédiger et conserver sans erreur ?

  • Olographe : écrivez tout à la main, date complète (jour/mois/année), signature manuscrite. Évitez les ratures. Pas d’ordinateur ni de formulaire préimprimé.
  • Clarté : identifiez chaque légataire (nom, prénom, date/lieu de naissance, lien de parenté). Décrivez précisément les biens.
  • Mises à jour : divorce, PACS, naissance, achat/vente d’un bien… révisez votre testament.
  • Dépôt : confiez-le à un notaire qui l’inscrira au FCDDV pour qu’il soit retrouvé.

Qui peut rédiger un testament et sous quelles conditions ?

Vous devez être sain d’esprit. Vous devez avoir 18 ans révolus, ou au moins 16 ans avec une limite : entre 16 et 18 ans, vous ne pouvez disposer que de la moitié de vos biens. Les personnes sous curatelle, sauvegarde de justice ou habilitation familiale peuvent tester seules. Sous tutelle, un accord du juge ou du conseil de famille est nécessaire.

Quelles sont les interactions avec l’assurance-vie et vos autres choix patrimoniaux ?

L’assurance-vie se transmet hors succession via la clause bénéficiaire. Elle ne suit pas, en principe, votre testament.

Avantage fiscal

Avant 70 ans, les primes versées bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire et par souscripteur, puis taxation spécifique. Après 70 ans, abattement global de 30 500 € sur les primes, intérêts exonérés hors succession (régime différent).
  • Pensez cohérence : clause bénéficiaire, testament et régime matrimonial doivent se répondre.
  • Usufruit/nue-propriété : un legs d’usufruit peut optimiser l’IR/IFI et protéger le conjoint. Voir aussi la page « Usufruit & nue-propriété : optimisations IR/IFI ».

Quelles précautions pour les couples, familles recomposées et expatriés ?

  • Mariage/PACS/concubinage : vos droits diffèrent. Sans mariage ni testament, le concubin n’hérite pas.
  • Familles recomposées : la réserve des enfants du premier lit s’impose. Le démembrement ou des legs graduels peuvent équilibrer.
  • Expatriés/binationaux : pour les successions internationales, vous pouvez choisir dans votre testament la loi de votre nationalité (professio juris). À défaut, la loi de la résidence habituelle au décès s’applique.

Bon à savoir

Si vous possédez des biens dans plusieurs pays, un audit patrimonial et des testaments coordonnés sont fortement recommandés.

Foire aux questions

Comment modifier ou annuler un testament existant ?

Rédigez un nouveau testament qui révoque l’ancien, ou passez par une déclaration de changement devant notaire. Un testament olographe peut être détruit. Le dernier en date prime, s’il est valable.

Que se passe-t-il au décès si le testament est contesté ?

Le notaire en vérifie les formes et la conformité à la réserve. En cas de dépassement de la quotité disponible, les legs sont réduits. En cas de vice (contrainte, insanité d’esprit), une action en nullité est possible.

Bon à savoir

En présence de biens peu liquides (immobilier), un paiement fractionné des droits peut parfois être sollicité par les héritiers, avec intérêts.