L’assurance vie est une enveloppe d’épargne et de transmission.
- Vous versez des primes.
- L’assureur les place sur des supports que vous choisissez (l’objectif est de générer des intérêts pour que vous gagniez de l’argent)
- Vous pouvez retirer à tout moment votre épargne (sous forme de rachat partiel ou total)
- Au décès, le capital est transmis aux bénéficiaires désignés (en fonction de la clause bénéficiaire)
En France, on adore l’assurance vie ! En 2025, les français ont déjà placé plus de 2 020 milliards d’euros € sur des assurances vies.
Définition importante : il faut distinguer les « fonds en euros » lorsque le capital est garanti par l’assureur des « unités de compte (UC) » pour des supports non garantis (OPCVM, ETF, SCPI, etc.). Les fonds euros sont placés par l’assureur de manière très sécurisé pour garantir le capital et ont souvent un rendement de 2 à 3% par an alors que les unités de compte sont sélectionnés par le souscripteur du contrat, ils peuvent rapporter plus voire être négatifs, d’où l’importance de bien les choisir. Pour mieux comprendre les critères de durabilité appliqués aux fonds, consultez notre page sur la classification SFDR article 6, 8 et 9.
Comment fonctionne concrètement un contrat d’assurance vie ?
- Vous ouvrez un contrat
- Soit il est monosupport et uniquement en fonds euros : très peu risqué mais peu rentable
- Soit il est monosupport et uniquement en unités de compte : risqué mais peut être plus rentable
- Soit il est multisupport et combine à la fois du fonds euros et de l’unité de compte. C’est le type de contrat le plus choisis.
- Vous faites des versements
- Versement libre : vous verser un montant en une seule fois
- Versements programmés : pas obligatoire mais peut être conseillé en fonction de votre situation
- Vous arbitrez entre supports.
- La notion d’arbitrage consiste à choisir et/ou changer les supports d’investissements. Par exemple, vous avez sélectionné une unité de compte qui investi principalement dans l’immobilier (comme des SCPI) et vous changez d’avis et souhaitez investir dans un fonds lié à la technologie américaine. Vous faites alors un arbitrage en choisissant de passer du premier support au second.
- Vous pouvez racheter à tout moment.
- Le rachat consiste de retirer l’argent que vous avez placé. Ce rachat peut être partiel ou total.
- Le Code des assurances impose le règlement d’un rachat dans un délai maximal de 2 mois après réception des pièces.
- Vous décédez (c’est le dénouement du contrat)
- Pas de chance !
- La clause bénéficiaire du contrat permettra de savoir à qui ira l’argent se trouvant sur le contrat. Pour anticiper cette étape, nous vous recommandons de lire notre guide pour préparer sa succession.
- Le notaire s’occupera des démarches liées à l’assurance pour que les bénéficiaires puissent obtenir
Quels sont les frais à connaitre sur l’assurance vie
Il existe plusieurs types de frais :
- Les frais d’entrée : ils sont variables
- Les frais de gestion du contrat : environ 0,88% (en 2023)
- Les frais de support : 1,62% (en 2023) c’est les frais prélevés par le fonds
- Les frais d’arbitrage : Ils sont variables
Quels sont les supports et que peut-on attendre en rendement ?
Deux grandes familles.
- Fonds en euros : capital garanti (souvent hors frais), effet cliquet des intérêts.
- L’ACPR estime le taux moyen servi 2024 autour de 2,6 % (préliminaire).
- Les meilleurs fonds ont parfois servi >3,5 % en 2024 mais souvent sous conditions (bonus, part UC).
- Unités de compte (UC) : pas de garantie. Performance liée aux marchés.
- La part des UC dans les versements nouveaux a dépassé 38 % en 2024.
- Les frais de gestion des supports et du contrat s’additionnent (cf. tableau ci-dessous).
Parmi les supports éligibles en unités de compte, certains investisseurs s’intéressent aux SOFICA pour diversifier leur allocation tout en bénéficiant d’avantages fiscaux spécifiques.
Quels sont les avantages de l’assurance vie… et ses limites ?
Les vrais avantages
- Souplesse :
- Liberté de versement et de rachat
- Pas de plafond de versement
- Transmission :
- abattement 152 500 € par bénéficiaire (primes versées avant 70 ans), puis prélèvement 20 % jusqu’à 700 000 €, 31,25 % au-delà. Pour les chefs d’entreprise, le Pacte Dutreil peut compléter utilement ce dispositif de transmission.
- Fiscalité à la sortie :
- après 8 ans, abattement annuel sur les gains de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple), et taux d’IR sur gains de 7,5 % (≤ 150 000 € de primes post-27/09/2017) ou 12,8 % au-delà, + 17,2 % de prélèvements sociaux.
- Investissement à capital garanti sur les fonds en euros (souvent hors frais). AMF
Les limites et inconvénients de l’assurance vie
- Des frais : frais de gestion de support et du contrat qui érodent la performance ; en UC, moyenne observée 1,62 % (supports) + 0,88 % (contrat).
- Risque de marché sur UC : pertes possibles
- Liquidité macro : en cas de crise systémique, le HCSF peut temporairement limiter les rachats (jusqu’à 3 mois, renouvelable une fois ; au total ≤ 6 mois).
- Couverture en cas de faillite d’assureur : Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) jusqu’à 70 000 € par assureur et par assuré (90 000 € pour certaines rentes).
En complément de l’assurance vie, pensez à sécuriser votre famille via un contrat de prévoyance du dirigeant ou de prévoyance des salariés.
Quelle est la fiscalité des rachats (retraits) ?
A partir d’ici, ça se complique un peu ! Vous êtes imposé uniquement si vous retirez (rachat). L’impôt porte sur la part de gains incluse dans le retrait, pas sur la totalité. Il y a deux couches :
- impôt sur le revenu (IR) ou PFU
- prélèvements sociaux 17,2 %.
Comment calcule-t-on la part de gains dans un rachat ?
Formule de l’administration (BOFiP) :
Produits imposables = Montant du rachat − [Total des primes versées × (Montant du rachat / Valeur totale du contrat au jour du rachat)].
Exemple chiffré
- Valeur du contrat 50 000 € ;
- primes versées 40 000 € ;
- rachat 10 000 €.
- Part d’intérêts imposables = 10 000 – [40 000 × (10 000/50 000)] = 10 000 – 8 000 = 2 000 €.
Attention : sur fonds en euros, les prélèvements sociaux (17,2 %) sont souvent prélèvés chaque année par l’assureur sur les intérêts. Sur UC, ils sont prélevés au rachat/dénouement.
Quels taux s’appliquent avant et après 8 ans ?
Imposition uniquement sur les intérêts :
- Moins de 8 ans : PFU 12,8 % (IR) + 17,2 % de PS (= 30 %) par défaut, ou option barème IR.
- À partir de 8 ans (primes post-27/09/2017) :
- 7,5 % d’IR jusqu’à 150 000 € de primes nettes, 12,8 % au-delà, + 17,2 % PS.
- Abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) sur les gains.
Pour estimer l’impact d’une donation future à partir de votre contrat d’assurance vie, utilisez notre simulateur de donation gratuit en ligne.
Comment se compare l’assurance vie à d’autres enveloppes grand public ?
| Critère | Assurance vie | Livret A | PEA |
|---|---|---|---|
| Plafond de versement | Aucun | 22 950 € | 150 000 € (PEA classique) |
| Garantie du capital | Fonds € -> oui Unités de compte -> non |
Oui | Non |
| Fiscalité des retraits | Après 8 ans : abattement 4 600/9 200 € + 7,5 % ou 12,8 % + 17,2 % | Intérêts exonérés d’IR | Exonération d’IR après 5 ans (PS de 17,2% dus) |
| Liquidité | Rachat possible ; délai légal ≤ 2 mois | Immédiate | Couts/impacts selon courtier |
| Transmission | 152 500 € par bénéficiaire (990 I) | Non applicable | Non spécifique |
L’assurance vie n’est pas la seule enveloppe fiscale à considérer. Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) offre par exemple une exonération d’impôt sur les plus-values après 5 ans, mais il est limité aux actions européennes et plafonné à 150 000 €. De son côté, l’assurance vie offre une plus grande diversité de supports et un avantage successoral unique.
Quels sont les frais types et comment les piloter ?
| Type de frais | Ordre de grandeur observé | Commentaire / Source |
|---|---|---|
| Frais sur versement (entrée) | 0 % à 3 % selon acteurs | Les contrats en ligne affichent souvent 0 %. |
| Frais de gestion du contrat – fonds en € | Souvent 0,5–0,8 %/an | Impact direct sur le taux servi. |
| Frais de gestion du contrat – UC | En pratique 0,5–1 %/an | S’ajoutent aux frais des supports. |
| Frais des supports UC (OPCVM/ETF) | Moyenne 1,62 % (support) + 0,88 % (contrat) constatée | Données marché 2023 (France Assureurs). |
| Frais d’arbitrage | Forfait (ex. 15 €), ou % (ex. 0,1–1 %) | De plus en plus d’acteurs offrent 0 € en ligne. |
Pour réduire les frais, comparez les contrats et privilégiez ceux sans frais d’entrée. Les frais de gestion annuels sont négociables dans certains cas, notamment via un conseiller en gestion de patrimoine. Si vous envisagez de regrouper vos crédits pour libérer de l’épargne, découvrez notre solution de rachat de crédit.
Que se passe-t-il en cas de décès : comment fonctionne la transmission ?
Au décès du souscripteur, le capital est versé aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire. Ce versement s’effectue hors succession pour les primes versées avant 70 ans (dans la limite de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire). Au-delà de 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique sur les primes versées, les gains restant exonérés. Consultez notre guide complet pour préparer sa succession et optimiser la rédaction de votre clause bénéficiaire.
Quelles sont les protections et les risques extrêmes (FGAP, Loi Sapin 2) ?
Le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) protège chaque assuré à hauteur de 70 000 € par assureur en cas de défaillance. Par ailleurs, la loi Sapin 2 autorise le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) à suspendre temporairement les rachats en cas de menace grave pour la stabilité financière (jusqu’à 6 mois maximum). Ces risques restent théoriques mais doivent être connus.
Quelles sont les erreurs fréquentes à éviter ?
Voici les erreurs les plus courantes que nous observons chez les épargnants :
- Ne pas rédiger ou mettre à jour sa clause bénéficiaire
- Souscrire un contrat sans comparer les frais
- Investir 100 % en fonds euros sans tenir compte de l’inflation
- Ignorer la fiscalité avant 8 ans et effectuer des rachats prématurés
- Ne pas diversifier ses unités de compte
Comment optimiser la fiscalité après 8 ans, sans « promettre » de performance ?
Après 8 ans de détention, l’abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) permet d’effectuer des rachats partiels chaque année en franchise d’impôt sur le revenu. La stratégie consiste à calibrer vos retraits pour rester sous ce seuil. Cette approche est particulièrement pertinente pour compléter votre retraite : utilisez notre simulateur de pension retraite pour estimer vos besoins futurs.
Quelles étapes concrètes pour ouvrir et bien paramétrer votre contrat ?
- Définir votre objectif (épargne, transmission, retraite)
- Comparer plusieurs contrats (frais, supports disponibles, qualité du fonds euros)
- Choisir la répartition fonds euros / unités de compte adaptée à votre profil de risque
- Rédiger soigneusement la clause bénéficiaire
- Programmer des versements réguliers si possible
- Réévaluer votre allocation chaque année
Comment illustrer la fiscalité des rachats par un tableau synthétique ?
| Ancienneté du contrat | Primes post-27/09/2017 (par personne) | IR sur gains (hors abattement) | Prélèvements sociaux | Abattement annuel après 8 ans |
|---|---|---|---|---|
| < 8 ans | Sans objet | 12,8 % (PFU par défaut) | 17,2 % | Aucun |
| ≥ 8 ans | ≤ 150 000 € | 7,5 % | 17,2 % | 4 600 € (célibataire) / 9 200 € (couple) |
| ≥ 8 ans | > 150 000 € | 12,8 % | 17,2 % | 4 600/9 200 € |
Ce tableau synthétise les taux applicables selon l’ancienneté du contrat et le montant des primes versées. Pour une simulation personnalisée, n’hésitez pas à nous contacter.





