Le Plan d’Épargne Retraite (PER) sert à se constituer une épargne disponible à la retraite, en capital, en rente, ou un mélange des deux. Il existe en version individuelle et en version d’entreprise. La différence est importante pour un chef d’entreprise, car l’entreprise peut parfois “aider” à alimenter le plan via l’épargne salariale (abondement).
Bon à savoir
De quoi parle-t-on exactement quand on dit “PER” ?
Un PER est une enveloppe d’épargne longue. Vous y placez de l’argent sur des supports financiers (fonds en euros, unités de compte, fonds d’entreprise, etc.). Par défaut, la gestion est souvent “pilotée”, c’est-à-dire que le niveau de risque diminue à l’approche de la retraite.
Il existe 3 compartiments, car l’origine de l’argent n’est pas la même :
- Compartiment 1 : versements volontaires (le plus courant en PER individuel)
- Compartiment 2 : épargne salariale (intéressement, participation, abondements, etc.)
- Compartiment 3 : versements obligatoires (plans d’entreprise obligatoires)
Cette logique “par compartiments” est technique, mais essentielle, car la fiscalité à la sortie dépend de l’origine des sommes et de votre choix fiscal à l’entrée.
Quels types de PER un chef d’entreprise peut-il utiliser ?
En pratique, vous voyez surtout trois cas :
- PER individuel : ouvert à titre personnel, alimenté par vos versements volontaires.
- PER d’entreprise collectif (souvent appelé PERECO/PERECOL) : plan mis en place dans l’entreprise, pouvant recevoir vos versements et un abondement de l’employeur.
- PER d’entreprise obligatoire : plan réservé à une ou plusieurs catégories de salariés (et parfois aux dirigeants selon leur statut), avec des règles spécifiques, notamment sur la disponibilité.
Attention
Dans quels cas le dirigeant peut-il bénéficier d’un PER d’entreprise ?
Le point qui bloque souvent est simple : pour que le dirigeant profite d’un dispositif d’épargne salariale, l’entreprise doit avoir au moins un salarié en plus du dirigeant, et être sous le seuil des 250 salariés.
Exemple simple
Une SASU avec uniquement un président, et aucun salarié : le président ne peut pas “se mettre” un PEE/PERECO juste pour lui.
Une SAS avec 1 salarié + le président : le président peut participer, si l’entreprise met le plan en place et respecte les règles collectives.
Comment fonctionne l’avantage fiscal à l’entrée sans se tromper ?
Vous avez un choix au moment de chaque versement volontaire : déduire ou ne pas déduire.
- Si vous déduisez : vous baissez votre revenu imposable aujourd’hui.
- Si vous ne déduisez pas : vous n’avez pas de gain immédiat, mais la fiscalité à la sortie est généralement plus légère.
Exemple très concret (hypothèse : tranche marginale 30 %)
Vous versez 10 000 € déductibles.
Votre impôt sur le revenu peut baisser d’environ 3 000 € (30 % de 10 000 €).
Limite : si vous dépassez votre plafond, l’excédent ne sera pas déductible.
Attention
Quelle fiscalité s’applique à la sortie en capital ou en rente ?
La fiscalité dépend d’un point clé : avez-vous déduit les versements à l’entrée ?
Si vous avez déduit à l’entrée, que se passe-t-il à la sortie ?
- Sortie en capital :
- la part correspondant à vos versements est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %
- les gains (intérêts/plus-values) sont en principe soumis au PFU de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux)
- Sortie en rente :
- la rente est imposée comme une pension (avec un abattement de 10 %)
- des prélèvements sociaux s’appliquent sur une fraction de la rente (taux de 17,2 % ; fraction variable selon l’âge)
Si vous n’avez pas déduit à l’entrée, que se passe-t-il à la sortie ?
- Sortie en capital :
- vos versements ne sont pas imposés
- seuls les gains sont soumis au PFU de 30 % (Service Public)
- Sortie en rente :
- la rente est imposée comme une rente viagère à titre onéreux, avec une fraction imposable qui dépend de l’âge :
- 70 % si moins de 50 ans
- 50 % entre 50 et 59 ans
- 40 % entre 60 et 69 ans
- 30 % au-delà de 69 ans
- la rente est imposée comme une rente viagère à titre onéreux, avec une fraction imposable qui dépend de l’âge :
Quels leviers spécifiques un chef d’entreprise peut-il activer via un PERECO ?
Le PERECO (PER d’entreprise collectif) a un avantage “structurel” : l’entreprise peut abonder.
Sur l’abondement, il existe un plafond annuel. En 2026, il est égal à 16 % du PASS, soit 7 689,60 €.
Tableau des plafonds d’abondement 2026 (ordre de grandeur utile) :
| Dispositif | Plafond d’abondement annuel | Montant 2026 |
|---|---|---|
| PEE | 8 % du PASS | 3 844,80 € |
| PERECO / PERCO (logique de plafond) | 16 % du PASS | 7 689,60 € |
Avantage fiscal
Quels sont les cas de déblocage anticipé à connaître absolument ?
Le PER est conçu pour la retraite, donc l’épargne est en principe bloquée. Il existe toutefois des sorties anticipées, dont deux familles à retenir :
- achat de la résidence principale (sauf certains droits issus de versements obligatoires)
- “accidents de la vie” (invalidité, décès du conjoint/partenaire, fin de droits au chômage, surendettement, cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire, etc.).
Exemple simple
Vous êtes dirigeant et vous achetez votre résidence principale.
Vous pouvez débloquer un PER sur ce motif, mais l’impôt dépendra du fait que vous ayez déduit (ou non) vos versements à l’entrée.
Quels frais et quels risques un débutant sous-estime le plus souvent ?
Deux sujets font mal quand ils sont découverts trop tard : les frais et le risque financier.
Quels frais rencontre-t-on dans la vraie vie ?
Selon les contrats, vous pouvez voir :
- frais sur versement : de 0 % à 5 % (avec une moyenne observée autour de 2,46 % sur un panel de PER, et des extrêmes à 0 % et 5 %).
- frais de gestion annuels : typiquement autour de 0,3 % à 2 % selon fonds euros / unités de compte
Quels risques faut-il assumer ?
- Risque de marché : une unité de compte peut baisser, parfois fortement, sur plusieurs années.
- Risque de mauvais timing fiscal : déduire aujourd’hui et sortir en capital l’année où vous avez déjà beaucoup de revenus peut vous faire monter de tranche.
- Risque de liquidité : même avec des cas de sortie anticipée, le PER n’est pas une épargne “au cas où”.
Attention
Comment choisir entre PER individuel et PER d’entreprise quand on est dirigeant ?
Vous pouvez raisonner en trois questions simples :
- Avez-vous un salarié (hors vous-même) et moins de 250 salariés ?
Si non : le PER individuel sera souvent la voie principale. - Êtes-vous fortement imposé aujourd’hui ?
Si oui : la déduction peut être intéressante, dans la limite du plafond (min 4 710 €, max 37 680 € en 2026 pour le calcul “salarié”). - Voulez-vous surtout de la flexibilité à la sortie ?
Si oui : ne pas déduire certains versements peut être logique, car la sortie est souvent moins taxée.
