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Résilier un PER : ce qu'on ne vous dit pas

Un plan d'épargne retraite ne se résilie pas. L'argent y est bloqué jusqu'à la retraite, sauf six cas de déblocage anticipé strictement énumérés par la loi. Ce qui est possible — et souvent judicieux — c'est de le transférer vers un autre gestionnaire : sans frais après cinq ans de détention, et sans aucune conséquence fiscale.

La correction de vocabulaire n'est pas un détail : on parle partout de « résiliation », mais pour un PER il s'agit d'un transfert, et cela change tout — les frais, les délais, et surtout ce qui est juridiquement possible.

Les six seuls cas de déblocage anticipé

Ils sont énumérés à l'article L.224-4 du Code monétaire et financier, et la liste est limitative :

  1. l'acquisition de la résidence principale ;
  2. l'invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie — du titulaire, de son conjoint ou partenaire de PACS, ou d'un enfant ;
  3. le décès du conjoint ou du partenaire de PACS ;
  4. l'expiration des droits à l'assurance chômage ;
  5. le surendettement, sur demande de la commission de surendettement ;
  6. la cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.

La fiscalité du déblocage n'est pas la même selon le cas. Pour la résidence principale, les versements que vous aviez déduits de votre revenu imposable y sont réintégrés, et les gains supportent le prélèvement forfaitaire. Pour les cinq cas d'accident de la vie, le capital est exonéré d'impôt sur le revenu ; les gains supportent les prélèvements sociaux (18,6 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026).

Un licenciement simple, un besoin de trésorerie, un divorce : aucun de ces événements n'ouvre le déblocage. Hors des six cas, l'argent attend la retraite — c'est la contrepartie de l'avantage fiscal à l'entrée.

Le transfert : ce qui est réellement possible

Contrairement à une assurance-vie, un PER se transfère d'un gestionnaire à un autre, et le transfert n'est pas un dénouement fiscal : vous ne payez aucun impôt à cette occasion, votre épargne et son régime fiscal voyagent intacts. Les frais de transfert sont plafonnés par la loi :

Contrat d'origineFrais de transfert
PER vers PER, moins de 5 ans de détention1 % de l'encours au maximum
PER vers PER, 5 ans et plusAucun frais
Madelin, PERP ou article 83 vers PER, moins de 10 ans1 % au maximum (plafond ramené de 5 % à 1 % le 24 octobre 2024)
Madelin, PERP ou article 83 vers PER, 10 ans et plusAucun frais

En pratique, c'est le nouveau gestionnaire qui pilote l'opération : vous signez la demande de transfert chez lui, il réclame les fonds à l'ancien. Comptez plusieurs semaines, parfois jusqu'à deux mois selon les assureurs.

Les frais de votre contrat actuel, assureur par assureur

Ce qui justifie — ou non — un transfert, ce sont les frais de gestion annuels du contrat que vous détenez, comparés à ce qui se pratique ailleurs. Nous avons relevé les tableaux de frais officiels des grands réseaux :

Sur un PER, des frais de gestion qui passent de 0,90 % à 0,60 % représentent 300 € par an pour 100 000 € d'encours — chaque année, pendant parfois vingt ans. C'est ce calcul, appliqué à votre relevé, qui doit décider. Sur les pièges plus généraux de ce produit, voyez aussi les pièges à éviter avec le PER.

Les cas où il vaut mieux ne pas bouger

1. Votre retraite est proche. À moins de cinq ans de la liquidation, les frais de transfert éventuels et le délai de traitement — qui peut atteindre deux mois — absorbent souvent le gain espéré sur les frais de gestion. Le jeu n'en vaut plus la chandelle.

2. Votre PER a moins de cinq ans. Le transfert peut coûter jusqu'à 1 % de l'encours ; au-delà de cinq ans, il ne coûte rien. Si l'échéance est à quelques mois, attendre est parfois la seule décision à prendre.

3. Votre ancien contrat retraite (Madelin, PERP, article 83) a moins de dix ans. Même logique : 1 % au maximum avant dix ans de détention, plus rien ensuite. La date d'ouverture de votre contrat figure sur votre relevé annuel — vérifiez-la avant de signer quoi que ce soit.

4. Votre encours est modeste. En dessous d'environ 50 000 €, un écart de frais de 0,3 % représente 150 € par an. Cela ne justifie ni les démarches, ni le risque d'une opération mal exécutée.

Une page qui ne dit jamais « restez » est un argumentaire de vente déguisé en information. Nous préférons vous donner les quatre cas ci-dessus : ils se vérifient tous sur votre propre relevé, sans notre aide.

Ce que nous sommes — et ne sommes pas : Beauvoisine Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine. Nous ne sommes ni avocat, ni notaire, ni conseiller de votre assureur.

Savoir ce que votre contrat vous coûte

Envoyez-nous votre relevé annuel. Nous vous disons, en euros et non en pourcentage, ce que votre contrat vous coûte chaque année. C'est un calcul, pas une recommandation : nous vous donnons le chiffre, vous décidez ensuite.

Ce calcul n'a d'intérêt qu'à partir d'environ 50 000 € d'encours. En dessous, l'écart de frais se compte en dizaines d'euros par an et ne justifie pas de bouger — nous vous le dirons.

Le formulaire de contact ne prend pas de pièce jointe — c'est voulu, il ne stocke rien sur nos serveurs. Écrivez-nous d'abord : vous pourrez ensuite nous transmettre votre relevé par simple retour d'e-mail.

Nous écrire

Écrit par Valentin Papet

Conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA — ORIAS n° 25008014), fondateur de Beauvoisine Patrimoine. Intervenant dans des formations de master en gestion de patrimoine et auteur de « Indemnisation & Patrimoine ».

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