Le profil investisseur décrit la capacité et la volonté d’un investisseur à accepter le risque.
Il sert à vérifier l’adéquation de vos placements.
En Europe, MiFID II encadre ce processus. Le prestataire doit recueillir vos informations. Il doit recommander des produits cohérents avec votre situation.
Il doit tenir compte de :
- votre tolérance au risque,
- de votre capacité à supporter des pertes,
- de vos objectifs,
- de votre horizon,
- de vos connaissances
- de votre situation financière
- de vos préférences de durabilité
Bon à savoir
Comment votre profil est-il évalué concrètement ?
Vous répondez à un questionnaire. Les questions portent sur vos revenus, votre épargne disponible, vos dettes, vos connaissances, vos expériences passées, vos objectifs et votre horizon. Le questionnaire mesure deux choses différentes :
- Votre tolérance au risque (psychologique).
- Votre capacité à subir une perte (financière, mesurable).
Exemple
Vous disposez de 50 000 € d’épargne disponible. Accepter une baisse temporaire de 10 % signifie tolérer une perte latente de 5 000 €. Si ce montant met en danger un projet à court terme, votre capacité à perdre est faible.
Attention
Quelles catégories d’investisseurs existent-elles en Europe ?
Trois catégories MiFID existent.
- Client de détail,
- client professionnel,
- contrepartie éligible.
Vous êtes par défaut client de détail. Pour devenir professionnel sur option, vous devez remplir au moins deux critères sur trois :
- réaliser en moyenne 10 transactions par trimestre sur les 4 derniers trimestres ;
- détenir un portefeuille (instruments financiers et espèces) supérieur à 500 000 € ;
- avoir au moins un an d’expérience professionnelle dans la finance.
Le niveau de protection diminue en devenant professionnel. Les tests d’adéquation restent requis pour le conseil et la gestion.
Bon à savoir
Quels indicateurs de risque devez-vous regarder sur les documents produits ?
Deux échelles sont courantes. Le SRI (PRIIPs) et l’ancien SRRI (UCITS). Elles vont de 1 à 7. 1 correspond au risque le plus faible, 7 au plus élevé. Le SRI combine le risque de marché et le risque de crédit. Il figure dans le DIC (document d’informations clés). Ce chiffre ne garantit pas le futur. Il donne une comparabilité minimale entre produits.
Exemple
Un fonds monétaire a souvent un SRI de 1. Un fonds actions internationales peut afficher un SRI de 5 à 6. Un produit à effet de levier peut atteindre 7.
Attention
Comment relier votre profil à une allocation type sans promettre de performance ?
Les établissements utilisent des profils usuels. Les fourchettes ci-dessous sont des ordres de grandeur fréquemment rencontrés. Elles combinent horizon, risques et classes d’actifs.
Tableau indicatif d’allocations cibles
| Profil usuel | Horizon recommandé | Actions | Obligations/Monétaire | SRI cible des supports | Perte annuelle possible (ordre de grandeur) |
|---|---|---|---|---|---|
| Prudent / Défensif | ≥ 2–3 ans | 0–25 % | 75–100 % | 1–3 | −5 % à −10 % |
| Équilibré | ≥ 5–7 ans | 25–50 % | 50–75 % | 3–4 | −15 % à −25 % |
| Dynamique | ≥ 8–10 ans | 50–75 % | 25–50 % | 4–6 | −25 % à −40 % |
| Offensif | ≥ 10 ans | 75–100 % | 0–25 % | 5–7 | −40 % à −60 % |
Ces fourchettes ne sont pas des règles légales. Elles aident à situer un portefeuille. Les pertes potentielles sont des plages réalistes observées sur les marchés lors de fortes corrections. Elles ne constituent pas une garantie.
Exemple
Un profil équilibré à 40 % actions et 60 % obligations peut baisser de −15 % à −25 % lors d’un choc de marché. En 2008–2009, les actions mondiales ont connu des baisses supérieures à 50 %. Un portefeuille 60/40 a enregistré des replis proches de −20 % à −30 % selon les zones et la duration obligataire.
Quelles informations chiffrées allez-vous devoir fournir dans le questionnaire ?
Vous indiquerez :
- votre revenu annuel net.
- Votre patrimoine financier et immobilier.
- Le montant de votre épargne de précaution (souvent 3 à 6 mois de dépenses).
- Vos charges récurrentes.
- Vos projets datés et montants (ex. 30 000 € pour un achat auto dans 18 mois).
- Vos expériences passées (ex. 3 ans de détention d’ETF, 10 ordres par trimestre).
- Votre horizon par objectif (ex. 10 ans pour la retraite).
- Votre tolérance à la perte par objectif (ex. −20 % au maximum sur un investissement long terme).
- Vos préférences de durabilité (ex. au moins 20 % d’investissements durables selon la Taxonomie ou le SFDR).
Bon à savoir
Comment estimer votre capacité à supporter des pertes avec des chiffres simples ?
Additionnez vos ressources disponibles pour l’investissement. Retranchez vos projets à court terme. Retranchez votre épargne de précaution.
Exemple
Épargne totale : 80 000 €.
Projets à 24 mois : 20 000 €.
Épargne de précaution (6 mois de dépenses à 2 000 €/mois) : 12 000 €.
Capital réellement mobilisable : 48 000 €.
Si vous acceptez une baisse maximale de −20 % sur ce capital, votre perte tolérable est de 9 600 €. Au-delà, votre profil doit être moins risqué ou vos montants diminués.
Quand et comment votre profil doit-il être révisé ?
Révisez-le à chaque changement majeur. Mariage, naissance, changement d’emploi, héritage, variation de revenus, nouveau crédit immobilier. Révisez-le aussi si votre portefeuille s’écarte trop de la cible. Une règle simple consiste à rééquilibrer quand une classe d’actifs dérive de plus de ±20 % en relatif ou de ±5 points en absolu par rapport à la cible.
Attention
