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Optimiser sa rémunération ‑ Stratégies fiscales pour dirigeants

Votre statut change tout.

  • SAS/SASU :
    • vous êtes « assimilé salarié ».
    • Cotisations proches d'un salarié cadre.
    • Charges patronales souvent 38 à 45 % du brut, charges salariales 20 à 23 % du brut.
  • SARL/EURL (gérant(e) majoritaire) :
    • vous êtes TNS (travailleur non-salarié).
    • Cotisations globales souvent 35 à 45 % du revenu, avec une base plus large mais des taux plus bas qu'en SAS.

Bon à savoir

Le taux normal d'Impôt sur les Sociétés (IS) est de 25 %. Les petites entreprises peuvent bénéficier d'un taux réduit de 15 % sur une première tranche de bénéfices, sous conditions. Pour estimer l'impact sur votre patrimoine global, n'hésitez pas à faire appel à un expert en valorisation de l'entreprise.

Salaire ou dividendes : que privilégier ?

  • Salaire (SAS) : protection sociale plus complète (retraite complémentaire, IJ, prévoyance selon options). Coût employeur élevé.
  • Salaire (SARL TNS) : protection sociale plus « sobre » mais suffisante pour beaucoup avec contrats privés en complément. Coût global souvent plus bas.
  • Dividendes (SAS) : imposés à la flat tax (PFU) 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux) ou barème + prélèvements sociaux. Pas de cotisations sociales.
  • Dividendes (SARL gérant majoritaire) : au-delà de 10 % du capital social (+ primes d'émission + compte courant), la fraction est soumise aux cotisations sociales TNS (≈ 35 à 45 %) à la place des 17,2 % de prélèvements sociaux. L'IR reste dû (PFU 12,8 % ou barème).

Exemple

100 000 € de bénéfice avant IS en SAS
IS 25 000 € → résultat distribuable 75 000 €.
PFU 31,4 % sur dividendes → net perçu 52 500 €.
Efficacité nette ≈ 52,5 % du bénéfice initial.
Hypothèses simplifiées, hors acomptes, crédits d'impôt, etc.

Attention

Les dividendes ne valident pas de trimestres de retraite et ne couvrent pas l'arrêt de travail. Calibrez toujours une part salariale minimale. Pensez également à sécuriser votre activité grâce à une protection juridique du dirigeant.

Combien coûte 60 000 € nets par an selon votre statut ?

Exemple

SAS – objectif 60 000 € nets/an
Net ≈ 78 % du brut → brut ≈ 76 923 €.
Charges patronales 42 % du brut → coût employeur ≈ 109 231 €.
Pour 60 000 € nets, votre société dépense ~109 000 € (hors IS).

Exemple

SARL TNS – objectif 60 000 € nets/an
Cotisations globales supposées 40 %.
Net = Revenu – Cotisations → Revenu ≈ 100 000 € pour obtenir ~60 000 € nets.
Pour 60 000 € nets, la dépense totale (rémunération + cotisations) ~100 000 € (hors IS).

Ces ordres de grandeur varient selon votre situation (cadre/non-cadre, taux AT, mutuelle, exonérations, options retraite). L'écart 10 à 15 % en faveur du TNS est fréquent, mais la protection n'est pas identique. Les professionnels libéraux comme les médecins sont particulièrement concernés par ce choix de statut.

Quels leviers « faiblement taxés » pouvez-vous activer sans complexité ?

  • Remboursement de frais réels : indemnités kilométriques barème fiscal, notes de frais justifiées. Impact 0 % d'impôt si règles respectées.
  • Intéressement/Participation + PEE/PEI : abondement possible. Exonérations sociales et fiscales attractives. Entreprises < 50 salariés : forfait social 0 % sur l'intéressement.
  • Prime de partage de la valeur (PPV) : flexible, dans la limite légale (souvent 3 000 à 6 000 € selon accords et conditions). Régime social/fiscal allégé sous conditions.
  • Avantages en nature maîtrisés : véhicule, NTIC, logement. Attention à l'évaluation forfaitaire.
  • PER individuel / PER d'entreprise : déduction à l'IR dans la limite de vos plafonds. Vous pouvez estimer vos droits grâce à notre simulateur de pension retraite gratuit.

Avantage fiscal

L'épargne salariale (intéressement + abondement PEE) permet de transformer 10 000 € de charge brute en un net perçu proche de 9 000 € après exonérations, selon montage et plafonds, avec blocage d'au moins 5 ans. D'autres véhicules comme le PEA ou les fonds ISR peuvent compléter votre stratégie d'épargne.

Comment arbitrer entre rémunération immédiate et dividendes ?

Posez-vous 3 questions :

  1. Avez-vous besoin d'une couverture sociale élevée ? Privilégiez davantage de salaire en SAS.
  2. Votre trésorerie est-elle prévisible ? Les dividendes arrivent plus tard (AG, clôture, comptes approuvés).
  3. Votre capital social est-il élevé ? En SARL, cela augmente le seuil des 10 %, rendant les dividendes plus intéressants. Un démembrement patrimonial de la société peut d'ailleurs offrir des opportunités supplémentaires.

Exemple

Dividende en SARL avec capital 10 000 €
Seuil 10 % = 1 000 €.
Dividende total 20 000 € → 19 000 € assujettis aux cotisations TNS (mettons 40 % = 7 600 €) + IR 12,8 % sur l'ensemble.
Dans beaucoup de cas, le salaire TNS sera plus lisible et plus protecteur.

Si vous envisagez de quitter votre poste de salarié pour lancer votre activité, pensez à bien évaluer vos indemnités de rupture conventionnelle avant de définir votre mode de rémunération.

Quelles sont les fourchettes et chiffres clés à retenir ?

  • PFU : 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux).
  • IS : 25 % (taux réduit 15 % sous conditions sur la première tranche).
  • Charges salariales (SAS) : 20 à 23 % du brut.
  • Charges patronales (SAS) : 38 à 45 % du brut.
  • Cotisations TNS (SARL) : 35 à 45 % du revenu.
  • PASS (plafond annuel Sécurité sociale) : environ 46 000 € → clé pour certains plafonds retraite et épargne salariale. Pour vérifier si un rachat de trimestres serait pertinent, utilisez notre simulateur dédié.
  • Retraite : valider 4 trimestres exige un revenu annuel d'au moins ≈ 6 000 à 7 000 € (ordre de grandeur).
  • Trésorerie : gardez 3 à 6 mois de charges fixes avant d'augmenter votre rémunération.

Bon à savoir

Les dividendes en SAS ne génèrent pas de droits à la retraite. Un mix salaire + dividendes est souvent plus efficace qu'un 100 % dividendes. Un simulateur de donation peut aussi vous aider à anticiper la transmission des fruits de votre rémunération optimisée.

Quel tableau comparatif vous aide à décider rapidement ?

OptionFiscalité/Charges typiquesQuand c’est pertinent ?Points de vigilance
Salaire SAS20–23 % salariales + 38–45 % patronalesBesoin de protection complèteCoût employeur élevé
Salaire SARL (TNS)35–45 % du revenuOptimiser le coût globalProtection à compléter
Dividendes SASPFU 31,4 %Bénéfices stables, après ISPas de droits sociaux
Dividendes SARL>10 % soumis cotisations TNSCapital élevé, seuil 10 % utileCalculs complexes, IR toujours dû
Intéressement/PEEForfait social 0 % (<50), IR allégéAlignement équipe/dirigeantPlafonds, blocage
PPV3 000–6 000 € (souvent)Partage ponctuel valeurConditions & exonérations

Chaque situation patrimoniale est unique. Pour un arbitrage personnalisé entre salaire, dividendes et leviers complémentaires, nos conseillers en gestion de patrimoine sont à votre disposition pour élaborer la stratégie la plus adaptée à votre profil de dirigeant.

Écrit par Valentin Papet

Conseiller en gestion de patrimoine (CIF, COA — ORIAS n° 25008014), fondateur de Beauvoisine Patrimoine. Intervenant dans des formations de master en gestion de patrimoine et auteur de « Indemnisation & Patrimoine ».

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