Il y a deux choses à savoir :
- Sur les droits de succession :
- il y a une exonération totale pour le conjoint (marié ou pacsé).
- pour les partenaires ni pacsés ni mariés, il y a des frais de succession très important (60% du montant transmis)
- Sur le montant de la transmission tout dépend du régime :
- Pour les partenaires de Pacs, il ne sont pas héritiers par défaut. Il faut prévoir un testament sinon ils n’auront rien.
- Pour les mariages tout dépend du contrat de mariage.
Bon à savoir
Quel patrimoine entre dans la succession du conjoint ?
Le point de départ est le régime matrimonial.
- En communauté réduite aux acquêts (régime légal depuis 1966) : la moitié des biens communs revient d’office au conjoint survivant. L’autre moitié intègre la succession.
- En séparation de biens : seuls les biens appartenant au défunt (et sa quote-part d’indivision) composent la succession.
- En communauté universelle avec clause d’attribution intégrale : le conjoint survivant recueille tout au premier décès ; il n’y a pas d’ouverture de succession à ce moment.
Bon à savoir
Quels sont les droits légaux du conjoint survivant ?
Sans testament ni donation au dernier vivant (DDV), les droits dépendent de la présence d’enfants :
- Enfants tous communs : vous pouvez choisir l’usufruit de toute la succession ou 1/4 en pleine propriété.
- Présence d’au moins un enfant d’une autre union : 1/4 en pleine propriété (l’option « usufruit de tout » n’est plus de droit).
- Sans descendant : vous recueillez tout, sauf cas particuliers de retour de certains biens familiaux.
Attention
Comment valoriser l’usufruit fiscalement ?
Le barème fiscal (article 669 du CGI) évalue l’usufruit selon l’âge de l’usufruitier :
| Âge de l’usufruitier | Valeur de l’usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 90 % | 10 % |
| 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
| 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
| 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
| 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| Plus de 90 ans | 10 % | 90 % |
Exemple simple : à 62 ans, l’usufruit vaut 40 %. Les enfants détiennent 60 % en nue-propriété.
Qu’apporte une donation au dernier vivant ou un testament ?
La DDV élargit vos options :
- Usufruit de toute la succession, quel que soit le type d’enfants.
- Pleine propriété de la quotité disponible spéciale entre époux : 1/2 s’il y a 1 enfant, 1/3 s’il y en a 2, 1/4 s’il y en a 3 ou plus.
- Mix : 1/4 en pleine propriété + 3/4 en usufruit.
Bon à savoir
Quelle fiscalité s’applique au conjoint et aux enfants ?
- Conjoint marié ou partenaire de PACS : 0 € de droits de succession depuis 2007.
- Enfants : abattement individuel de 100 000 € chacun sur la part reçue. Le barème des droits est progressif (taux de 5 % à 45 % après abattement).
- Frères et sœurs : abattement de 15 932 € puis barème spécifique.
- Autres héritiers : abattement de 1 594 € en général, avec taux élevés (55 % ou 60 %).
Attention
Le logement du couple est-il protégé ?
Oui, deux protections s’appliquent si le logement était la résidence principale du couple :
- Droit temporaire d’un an : vous pouvez occuper le logement gratuitement pendant 12 mois ou percevoir pendant 12 mois un équivalent si le logement est loué. Les charges courantes sont précisées par le notaire.
- Droit viager au logement : vous pouvez demander, dans l’année du décès, un droit d’usage et d’habitation à vie. Sa valeur est imputée sur votre part successorale.
Exemple : maison valeur 400 000 €, charges annuelles 3 000 €. Le droit temporaire couvre 12 mois d’occupation. Si vous optez pour le droit viager, une évaluation économique est faite et vient en déduction de votre part.
Quels délais et démarches devez-vous respecter ?
- Déclaration de succession : à déposer dans les 6 mois du décès (France) ou 12 mois si le décès est survenu à l’étranger.
- Notaire obligatoire s’il existe un bien immobilier, une donation antérieure, un testament, ou à la demande des héritiers.
- Banques : les comptes du défunt sont bloqués. La banque peut régler les funérailles dans la limite de 5 000 € directement depuis les comptes.
- Pensions : demande de pension de réversion : en régime général, 54 % de la retraite de base (sous conditions de ressources) ; en régimes complémentaires Agirc-Arrco, 60 % (sans conditions de ressources). Délais : déposez le dossier au plus vite pour éviter une perte de mensualités.
Bon à savoir
Comment chiffrer des cas concrets ?
Cas 1 — Communauté, 1 enfant, conjoint 62 ans
Patrimoine commun : 400 000 €.
Biens propres du défunt : 0 €.
Succession = 200 000 €
Choix de l’usufruit :
- valeur de l’usufruit à 62 ans = 40 % soit 80 000 € en usufruit pour le conjoint ;
- l’enfant reçoit 120 000 € en nue-propriété.
Fiscalité : conjoint = 0 € ; enfant : abattement 100 000 €, base taxable 20 000 € (droits marginaux souvent 20 % à ce niveau). Montant indicatif : 4 000 €
Cas 2 — Enfant d’une autre union
Même patrimoine.
Le conjoint recueille 1/4 en pleine propriété = 50 000 €. Le reste (150 000 €) va à l’enfant.
Fiscalité : conjoint = 0 € ; enfant : abattement 100 000 €, base 50 000 € ; droits indicatifs 20 % = 10 000 €.
Cas 3 — Assurance-vie avant 70 ans
Contrat : 300 000 € (primes versées avant 70 ans).
Bénéficiaires : conjoint 50 %, 2 enfants 25 % chacun.
Versements nets : conjoint 150 000 € (exonéré).
Chaque enfant aura 75 000 € (exonéré car < 152 500 €).
Attention
Quels risques et limites devez-vous anticiper ?
- Absence de DDV : moins de souplesse, surtout en famille recomposée.
- Indivision longue : blocages pour vendre ou rénover.
- Primes d’assurance-vie « manifestement exagérées » : réintégration possible à la succession.
- Donations de moins de 15 ans : impact sur les abattements et la réserve.
- Sous-évaluation ou sur-évaluation des biens : redressement possible.
- Oubli du droit viager au logement dans l’année : droit perdu.
Quelles optimisations patrimoniales légales pouvez-vous envisager ?
- Donation au dernier vivant pour élargir les choix du conjoint.
- Clause bénéficiaire démembrée sur l’assurance-vie : usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants, avec créance de restitution au second décès.
- Changement de régime matrimonial (ex. clause de préciput sur la résidence principale).
- Donation-partage aux enfants pour figer les valeurs et utiliser les abattements de 100 000 € tous les 15 ans.
- Diversification de l’épargne (assurance-vie, PEA/CTO, PER) pour adapter la liquidité et la fiscalité au projet de transmission.
Avantage fiscal
