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Prévoyance des salariés : guide complet pour protéger vos revenus en 2025

La prévoyance des salariés complète les revenus de remplacement versés par la Sécurité sociale et, le cas échéant, le maintien de salaire légal ou conventionnel en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès. Que vous soyez salarié cadre ou non-cadre, comprendre les mécanismes de la prévoyance collective est essentiel pour anticiper une éventuelle perte de revenus.

Pourquoi la Sécurité sociale ne suffit‑elle pas en cas d’arrêt de travail ?

En cas de maladie, après 3 jours de carence, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJ) équivalant à 50 % du salaire journalier de base, plafonné. Depuis le 1ᵉʳ avril 2025, le salaire retenu ne peut dépasser 1,4 SMIC, ce qui limite l’indemnité maximale à 41,47 € brut/jour. Les salariés mieux rémunérés subissent donc une perte plus importante : sans prévoyance, leur revenu chute rapidement.

L’employeur doit‑il compléter le salaire pendant l’arrêt maladie ?

Le Code du travail impose un maintien de salaire sous conditions : ancienneté (généralement 1 an), absence d’emploi simultané, indemnisation par la Sécu, etc. Le salarié perçoit alors :

  • 90 % de sa rémunération brute pendant une première période,
  • puis 66,66 % pendant une seconde période.

Ce maintien débute souvent après une franchise de 7 jours (carence employeur) et dure de quelques semaines à plusieurs mois selon l’ancienneté et la convention collective. Certaines branches étendent ce maintien (ex. BTP, Syntec), mais il ne dure jamais jusqu’à la retraite. Pour anticiper votre niveau de vie futur, vous pouvez utiliser notre simulateur de pension retraite gratuit en ligne.

Bon à savoir

Le délai de carence de la Sécurité sociale (3 jours) n’est pas le même que la franchise de l’employeur (souvent 7 jours). Il existe donc une « zone blanche » où aucune indemnité n’est versée.

Qu’est‑ce que la prévoyance collective couvre ?

La prévoyance d’entreprise complète les régimes légaux. Elle peut verser :

  • Des indemnités journalières complémentaires pour atteindre un niveau cible (par exemple, 80 à 100 % du net) pendant l’arrêt de travail.
  • Une rente d’invalidité (30 %, 50 %, 70 % du salaire de référence selon le contrat et le taux d’invalidité).
  • Un capital décès (souvent un multiple du salaire), une rente éducation pour les enfants et/ou une rente de conjoint. Pour estimer les conséquences fiscales d’une transmission de capital, consultez notre simulateur de donation gratuit en ligne.

Ces paramètres varient selon l’entreprise et la branche. Les salariés peuvent parfois compléter la garantie de base via des options facultatives, mais les cotisations augmentent alors.

La prévoyance collective est‑elle obligatoire pour tous les salariés ?

  • Complémentaire santé (mutuelle) : oui, l’ANI impose à tout employeur du privé de proposer une complémentaire santé et de financer au moins 50 % de la cotisation.
  • Prévoyance cadres : la Convention nationale des cadres (14/03/1947) oblige l’employeur à financer une cotisation d’au moins 1,50 % de la tranche 1 (jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale) dont 0,76 % doivent être affectés au risque décès.
  • Prévoyance non‑cadres : il n’existe pas d’obligation nationale (hors santé), mais de nombreuses conventions de branche imposent un socle minimum en incapacité/invalidité/décès.

Bon à savoir

Une proposition de loi déposée en septembre 2025 prévoit de généraliser l’obligation de prévoyance complémentaire à tous les salariés. Ce projet n’est pas encore entré en vigueur ; suivez l’évolution législative pour anticiper.

Quels sont les chiffres clés de 2025 (PASS, IJ, capital décès, etc.) ?

  • PASS 2025 : 47 100 €, soit 3 925 € de plafond mensuel (PMSS). Ce montant sert de base aux tranches de cotisation (T1, T2).
  • IJ maladie : 50 % du salaire journalier de base, avec une indemnité maximale de 41,47 € brut/jour depuis le 1ᵉʳ avril 2025. Le délai de carence est de 3 jours.
  • Capital décès Sécu (salarié privé) : 3 977 € versés aux ayants droit.
  • Portabilité santé/prévoyance : jusqu’à 12 mois après la rupture du contrat ouvrant droit au chômage, sans cotisation pour le salarié.

Comment est calculée la pension d’invalidité et à quoi sert la rente « prévoyance » ?

La pension d’invalidité de la Sécurité sociale dépend de la catégorie :

Catégorie Taux de remplacement Minimum mensuel (01/04/2025) Maximum mensuel
Invalidité catégorie 1 : incapable d’exercer son métier mais peut exercer une activité rémunérée 30 % du revenu annuel moyen 335,29 € 1 177,50 €
Invalidité catégorie 2 : incapable d’exercer une profession quelconque 50 % 335,29 € 1 962,50 €
Invalidité catégorie 3 : incapable d’exercer, nécessitant une tierce personne 50 % + majoration 335,29 € 1 962,50 € + 1 288,13 € de majoration

Une rente d’invalidité complémentaire versée par la prévoyance collective complète cette pension pour atteindre un niveau de revenu cible (par exemple, 70–80 % du salaire de référence). La rente est soumise aux cotisations sociales CSG‑CRDS et à l’impôt sur le revenu, selon le régime fiscal applicable.

Quelle est la différence entre « santé » et « prévoyance » en pratique ?

Thème Santé collective (mutuelle) Prévoyance collective
Nature Remboursement des frais de santé (consultations, dentaire, optique…) Versement de revenus de remplacement (IJ, rentes) et/ou capital décès
Obligation Obligatoire (financement ≥ 50 % par l’employeur) Obligation limitée aux cadres (cotisation patronale 1,50 % T1 pour le décès) ; autres catégories selon conventions
Déclenchement Dépense de soins Arrêt de travail, invalidité, décès
Impact du PASS Faible (plafond de remboursement) Fort (tranches de cotisation, plafonds des IJ, calcul des rentes)
Portabilité Oui, jusqu’à 12 mois Oui, jusqu’à 12 mois

En résumé, la complémentaire santé rembourse les frais médicaux, tandis que la prévoyance compense la perte de revenus. Les deux sont complémentaires et indispensables pour une protection globale.

Comment fonctionne la portabilité des droits santé/prévoyance ?

Lorsqu’un salarié quitte son entreprise pour un motif ouvrant droit au chômage, il conserve sa couverture santé et prévoyance collective pendant une durée maximale de 12 mois. L’employeur doit informer l’assureur et mentionner cette portabilité sur le certificat de travail. Le financement est mutualisé : le salarié en portabilité ne paie plus de cotisation. Si vous négociez une rupture conventionnelle, pensez à vérifier vos droits à la portabilité.

Bon à savoir

La durée de portabilité est égale à la durée de votre dernier contrat (ou du cumul de CDD), dans la limite de 12 mois. Les droits cessent en cas de reprise d’emploi ou d’épuisement des droits au chômage.

Quelles sont les limites et risques lorsqu’on n’a pas de prévoyance (ou si elle est mal paramétrée) ?

  • Chute brutale de revenu dès le 4ᵉ jour d’arrêt : l’IJ de base ne représente que 50 % du salaire (plafonné à 41,47 €/jour), et l’employeur n’est pas toujours obligé de maintenir le salaire.
  • Maintien légal insuffisant : il est limité dans le temps et varie selon les conventions collectives.
  • Pension d’invalidité faible : même en catégorie 2, le plafond est d’environ 1 962,50 € par mois.
  • Capital décès réduit : la Sécu verse 3 977 €, bien inférieur aux besoins d’un foyer (prêt immobilier, études des enfants). Si vous avez un crédit immobilier en cours, le risque est d’autant plus important.
  • Exclusions : certains contrats excluent les pathologies psychiques, les affections dorsales ou les sports à risque. Une lecture attentive des conditions générales est indispensable.
  • Délais d’attente et franchises : un délai d’attente de 3 à 6 mois s’applique souvent après la souscription avant tout versement pour maladie, voire 365 jours pour certaines affections longues. La franchise (période non indemnisée après le sinistre) peut être de 7 jours, 30 jours ou plus.

Quel budget prévoir côté employeur ?

  • Cadres : l’obligation de financement du risque décès (1,50 % T1) est à la charge exclusive de l’employeur. Pour une couverture plus large (incapacité/invalidité/rente de conjoint), le coût varie selon l’âge et la profession : comptez 0,3 à 1,0 % de masse salariale supplémentaire.
  • Non‑cadres : le coût dépend des obligations de branche. Dans les secteurs très réglementés (BTP, transport, Syntec…), la cotisation prévoyance oscille souvent entre 0,4 % et 1,2 % de la masse salariale.
  • Salariés : pour les options facultatives, la cotisation salariale est souvent déductible du revenu imposable (dans la limite de 5 % du PASS + 2 % de la rémunération, plafonnée à 2 % de 8 PASS).

Quelles règles sociales et fiscales s’appliquent aux cotisations ?

Les cotisations patronales de prévoyance sont exonérées de charges sociales dans la limite de 6 % du PASS + 1,5 % de la rémunération annuelle brute, sans dépasser 12 % du PASS. Côté salarié, la part salariale des cotisations est déductible du revenu imposable, sous réserve du respect des plafonds fiscaux. Ces règles s’appliquent à tout contrat collectif et obligatoire respectant le cahier des charges du « contrat responsable ».

Quelles garanties types pour un socle débutant ?

Un contrat de prévoyance collective de base comprend généralement :

  • Incapacité temporaire : indemnités journalières complémentaires après la franchise (souvent 30 à 90 jours), visant 70 à 80 % du salaire net.
  • Invalidité permanente : rente calculée en fonction du taux d’invalidité reconnu, complétant la pension de la Sécurité sociale.
  • Décès : capital versé aux bénéficiaires désignés, souvent entre 100 et 400 % du salaire annuel brut, avec majoration par enfant à charge.

Les professions médicales et les professions libérales ont des besoins spécifiques en matière de prévoyance, qui nécessitent une analyse sur mesure.

Pouvez‑vous illustrer l’impact des IJ et de la prévoyance avec des exemples ?

Exemple 1 – Salarié à 2 500 € brut/mois : En arrêt maladie, la Sécurité sociale verse environ 41,10 €/jour (50 % du salaire journalier). Avec un maintien employeur à 90 % pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant 30 jours, le salarié conserve un revenu proche de son salaire habituel sur les deux premiers mois. Au-delà, sans prévoyance, le revenu chute à environ 1 230 €/mois brut.

Exemple 2 – Salarié à 5 000 € brut/mois : L’IJ Sécu est plafonnée à 41,47 €/jour (soit ~1 244 €/mois). L’écart avec le salaire habituel est considérable. Même avec le maintien employeur, le salarié subit une perte importante dès la fin de cette période. La prévoyance collective permet de compenser et d’atteindre 80 % du net, soit environ 3 200 €/mois.

Quelles différences avec la prévoyance des travailleurs indépendants ?

Quelles sont les sources de la protection sociale pour un indépendant ?

Contrairement aux salariés, les travailleurs indépendants ne bénéficient pas d’un employeur qui cotise pour eux. Leur protection sociale repose sur le régime général (SSI pour la plupart, ou CIPAV pour certaines professions libérales) et sur des contrats individuels de prévoyance Madelin. Les associés d’une SCI ou les gérants de société doivent également s’interroger sur leur couverture.

Quels sont les risques majeurs pour un indépendant ?

L’indépendant cumule les risques : aucune obligation employeur de maintien de salaire, des IJ plus faibles (voire inexistantes pour certains régimes), et un capital décès très réduit. Un pacte d’associés bien rédigé peut prévoir des clauses de prévoyance croisée entre associés.

Les régimes obligatoires des indépendants sont‑ils suffisants ?

Régime obligatoire Indemnités journalières en cas d’arrêt Pension d’invalidité Niveau de couverture
SSI (artisans/commerçants) ~25 % du revenu de J3 à J360 33,81 €/jour (12 340 €/an) couverture faible et plafonnée
CARMF (médecins) ~50 % du revenu pendant 90 jours, puis chute 53,23 €/jour (20 160 €/an) insuffisant pour les hauts revenus
CARCDSF (chirurgiens‑dentistes, sages‑femmes) ~50 % du revenu du 4ᵉ au 90ᵉ jour 76,83 €/jour (28 044 €/an) couverture limitée
CARPIMKO (profession paramédicale) ~50 % du revenu jusqu’à 90 jours puis 25 % jusqu’à 3 ans 27,62 €/jour (10 080 €/an) très faible

Non, dans la grande majorité des cas. Les IJ des indépendants sont souvent inférieures à celles des salariés, les délais de carence plus longs (jusqu’à 3 jours pour la maladie, mais souvent 7 jours pour les arrêts courts), et la pension d’invalidité est plafonnée à des montants très bas.

Quelles particularités des contrats de prévoyance pour indépendants ?

Les contrats Madelin permettent de déduire les cotisations du bénéfice imposable, dans certaines limites. Les garanties sont personnalisables (franchise, niveau d’IJ, capital décès), mais les primes sont plus élevées que pour un contrat collectif car il n’y a pas de mutualisation employeur.

Pourquoi les salariés doivent‑ils s’intéresser à la prévoyance des indépendants ?

De nombreux salariés envisagent de se mettre à leur compte, ou cumulent une activité salariée avec un statut d’indépendant. Comprendre les différences permet de mieux mesurer la valeur de la prévoyance collective offerte par l’employeur et de préparer une éventuelle transition. Les couples dont l’un est salarié et l’autre indépendant, notamment ceux liés par un PACS, doivent coordonner leurs protections.

Comment résumer, en une page, ce qu’un salarié doit retenir ?

  • La Sécurité sociale ne couvre que 50 % du salaire (plafonné), avec 3 jours de carence.
  • Le maintien employeur est temporaire et conditionné à l’ancienneté.
  • La prévoyance collective complète les IJ, l’invalidité et le décès.
  • Les cadres bénéficient d’une obligation de cotisation décès à 1,50 % T1.
  • La portabilité permet de conserver sa couverture jusqu’à 12 mois après la fin du contrat.
  • Vérifiez vos exclusions, franchises et délais d’attente.
  • Évaluez régulièrement votre couverture avec l’aide d’un professionnel. Pour une analyse globale, vous pouvez également évaluer vos placements via notre simulateur PEA.

Foire aux questions : quelles questions poser à votre RH ou à votre assureur ?

Le contrat santé est‑il réellement obligatoire et financé à ≥ 50 % ?

Oui, depuis l’ANI de 2013, tout employeur du secteur privé doit proposer une complémentaire santé et en financer au moins la moitié. Vérifiez le montant exact pris en charge et les garanties couvertes.

Existe‑t‑il un socle prévoyance pour les non‑cadres dans votre branche ?

Consultez votre convention collective. De nombreuses branches (BTP, transport, hôtellerie-restauration, Syntec…) imposent un socle minimum. Si ce n’est pas le cas, négociez avec votre employeur.

Êtes‑vous bien classé « cadre / assimilé » avec la cotisation 1,50 % T1 à la charge de l’employeur ?

Vérifiez votre bulletin de paie. La cotisation doit apparaître distinctement. En cas de doute, interrogez votre service RH ou votre gestionnaire de paie.

Quel niveau net visez‑vous pendant un arrêt long ?

Un objectif de 70 à 80 % du salaire net est généralement recommandé pour maintenir un niveau de vie acceptable pendant un arrêt prolongé. Ajustez en fonction de vos charges fixes (loyer, crédit à la consommation, etc.).

Que se passe‑t‑il si vous quittez l’entreprise ?

La portabilité vous couvre jusqu’à 12 mois si vous êtes éligible au chômage. Au-delà, vous pouvez souscrire un contrat individuel, mais les tarifs seront plus élevés. Pour évaluer l’impact financier d’un départ, pensez également au simulateur de rachat de trimestres.

Avertissements et hypothèses

Les données présentées dans ce guide sont à jour au moment de la rédaction (2025). Les montants, plafonds et taux peuvent évoluer en fonction des revalorisations annuelles et des réformes législatives. Ce contenu a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.

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