Vous pouvez racheter votre assurance-vie BNP Paribas à tout moment, sans motif à fournir. Seuls vos gains seront imposés, jamais le capital versé. Les contrats du réseau — la gamme Multiplacements — sont assurés par BNP Paribas Cardif : c'est lui qui exécute le rachat, votre agence n'étant que le point d'entrée.
Le mot juste d'abord : on dit « résilier », le terme exact est le rachat. Pas d'échéance annuelle, pas de préavis, pas de « motif légitime » à fournir — cette condition, souvent affirmée en ligne, concerne les contrats retraite et jamais l'assurance-vie. Le mécanisme complet et la fiscalité sont sur notre page résilier son assurance-vie : ce que ça coûte vraiment.
Vos options réelles
Un préalable : repérez l'intitulé exact de votre contrat. Multiplacements n'est pas un produit unique mais une gamme, ouverte par générations successives, où figurent notamment BNP Paribas Multiplacements 2 et BNP Paribas Multiplacements Privilège. Cet intitulé est inscrit sur votre relevé annuel, avec le numéro de contrat : c'est lui, et non le nom de la banque, qui commande les conditions qui vous sont applicables. Les trois voies ci-dessous, elles, valent pour toute la gamme.
- Le rachat partiel : le contrat survit et conserve son antériorité fiscale. Presque toujours préférable quand le besoin est ponctuel.
- Le rachat total : le contrat est clos, l'antériorité perdue définitivement.
- La transformation interne (loi Pacte) : passer vers un autre contrat Cardif sans dénouement fiscal, sous réserve de l'accord de l'assureur.
Une quatrième voie est souvent espérée ; elle n'existe pas. Aucun mécanisme ne permet de faire suivre une assurance-vie d'un assureur à un autre en emportant son ancienneté. Sortir de chez Cardif passe nécessairement par un rachat : les gains sont imposés et le compteur d'antériorité repart de zéro chez le nouvel assureur.
Les frais de votre contrat
Nous ne publions pas ici de tableau de frais : ils varient selon le contrat et sa génération, et un chiffre exact un jour peut être périmé le lendemain. Le document qui fait foi est le vôtre — le tableau des frais figure dans la notice de votre contrat et sur votre relevé annuel. Si vous ne le retrouvez pas, demandez-le par écrit : l'assureur est tenu de vous le communiquer. C'est ce document que nous analysons quand vous nous l'envoyez.
Un ordre de grandeur pour lire ce document : sur une assurance-vie, un écart de frais de gestion de 0,3 % représente 300 € par an pour 100 000 € d'encours — chaque année, que le contrat performe ou non. Surveillez aussi les frais prélevés sur chaque versement : ceux-là ne se rattrapent jamais.
La procédure concrète
Adressez une demande écrite signée via votre conseiller ou votre espace client, avec relevé d'identité bancaire et copie de pièce d'identité. Aucune adresse postale dédiée ni aucun délai de traitement contractuel ne sont publiés : votre agence vous confirmera le circuit. Aucune lettre type payante n'est nécessaire.
Deux situations bloquent tout rachat : un bénéficiaire acceptant (accord écrit obligatoire) et un contrat nanti — fréquent en réseau bancaire lorsque le contrat garantit un crédit. Vérifiez ces deux points avant d'écrire.
Le piège des 70 ans
Après 70 ans, l'enjeu n'est plus l'impôt sur le rachat : il est successoral. Les sommes versées avant cet anniversaire ouvrent droit, au décès, à un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI). Les racheter pour les replacer les fait retomber sous l'article 757 B : un abattement unique de 30 500 €, à partager entre tous les bénéficiaires. Rien de tout cela n'apparaît le jour du rachat — la perte ne se chiffre qu'à l'ouverture de la succession, quand plus personne ne peut revenir en arrière. Une transformation interne, à l'inverse, conserve les dates de versement d'origine.
Les cas où il vaut mieux ne pas bouger
1. Votre contrat a été ouvert avant le 27 septembre 2017. Les primes antérieures relèvent de l'ancien régime fiscal, souvent plus favorable après huit ans ; un rachat total le supprime définitivement.
2. Votre contrat a plus de huit ans. L'abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) se reconstitue chaque année. Fermer le contrat, c'est huit ans d'attente pour le retrouver.
3. Vous avez plus de 70 ans. Voir ci-dessus : c'est le cas le plus coûteux et le moins signalé.
4. Votre encours est modeste. En dessous d'environ 50 000 €, un écart de frais de 0,3 % représente 150 € par an — ni les démarches ni la perte d'antériorité ne se justifient.
5. Le contrat comporte un bénéficiaire acceptant, ou il est nanti. Le rachat est alors juridiquement impossible sans accord écrit du bénéficiaire ou du créancier.
Beauvoisine Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine. Nous ne sommes ni avocat, ni notaire, ni conseiller de BNP Paribas ou de Cardif.
Savoir ce que votre contrat vous coûte
Envoyez-nous votre relevé annuel. Nous vous disons, en euros et non en pourcentage, ce que votre contrat vous coûte chaque année. C'est un calcul, pas une recommandation : nous vous donnons le chiffre, vous décidez ensuite.
Ce calcul n'a d'intérêt qu'à partir d'environ 50 000 € d'encours. En dessous, l'écart de frais se compte en dizaines d'euros par an et ne justifie pas de bouger — nous vous le dirons.
Attention
Le formulaire de contact ne prend pas de pièce jointe — c'est voulu, il ne stocke rien sur nos serveurs. Écrivez-nous d'abord : vous pourrez ensuite nous transmettre votre relevé par simple retour d'e-mail.



