Vous pouvez racheter votre assurance-vie CNP à tout moment, sans motif à fournir. Seuls vos gains seront imposés, jamais le capital versé. Si votre contrat a été souscrit au guichet de La Banque Postale — c'est le cas le plus fréquent —, l'assureur derrière est CNP Assurances : c'est à lui que la demande s'adresse, directement ou via votre conseiller.
Le vocabulaire, d'abord, parce qu'il égare : ce que le public appelle « résilier » porte en droit le nom de rachat. Aucune date anniversaire à respecter, aucun préavis à purger, aucune justification à produire. L'idée qu'il faudrait un « motif légitime » vient des contrats retraite, où la sortie est effectivement conditionnée ; elle n'a jamais eu cours en assurance-vie. Nous détaillons le mécanisme et sa fiscalité sur la page résilier son assurance-vie : ce que ça coûte vraiment.
Le nom inscrit sur votre relevé, lui, n'est presque jamais « CNP ». Les contrats d'assurance-vie proposés aux guichets de La Banque Postale relèvent de la gamme Cachemire, déclinée en générations successives : selon l'année de souscription, l'intitulé peut être suivi d'un numéro de série — l'une de ces générations s'intitule par exemple « Cachemire 2 Série 2 ». Certaines de ces générations ne sont plus commercialisées aujourd'hui, ce qui ne change rien à vos droits sur le contrat. Relevez l'intitulé exact en tête de votre relevé annuel : c'est lui, et non le nom de la banque, qu'il faut reprendre dans votre demande.
Vos options réelles
- Le rachat partiel : le contrat survit, l'antériorité fiscale est conservée. Presque toujours la bonne opération quand le besoin est ponctuel.
- Le rachat total : le contrat est clos, l'antériorité perdue définitivement — un contrat de 2010 refermé ne se rouvre pas.
- La transformation interne (loi Pacte) : passer vers un autre contrat CNP sans dénouement fiscal, si l'assureur l'accepte.
Ce qui n'existe pas, en revanche, c'est la portabilité : votre contrat ne peut pas changer d'assureur en emportant son ancienneté fiscale. Quitter CNP suppose donc un rachat, avec imposition des gains et un compteur d'antériorité qui recommence à courir ailleurs.
Les frais de votre contrat
Nous ne publions pas ici de tableau de frais : ils varient selon le contrat et sa génération, et un chiffre exact un jour peut être périmé le lendemain. Le document qui fait foi est le vôtre — le tableau des frais figure dans la notice de votre contrat et sur votre relevé annuel. Si vous ne le retrouvez pas, demandez-le par écrit : l'assureur est tenu de vous le communiquer. C'est ce document que nous analysons quand vous nous l'envoyez.
Un ordre de grandeur pour lire ce document : sur une assurance-vie, un écart de frais de gestion de 0,3 % représente 300 € par an pour 100 000 € d'encours — chaque année, que le contrat performe ou non. Surveillez aussi les frais prélevés sur chaque versement : ceux-là ne se rattrapent jamais.
La procédure concrète
La demande de rachat s'adresse par écrit à l'assureur. Votre conseiller La Banque Postale peut vous en préciser le circuit interne ; en dehors de cette voie écrite, la documentation que nous avons consultée ne mentionne aucun autre mode de dépôt. Prévoyez une demande signée, un relevé d'identité bancaire et une copie de pièce d'identité — les pièces standard d'un rachat. Aucune lettre type payante n'est nécessaire : les services en ligne qui vendent ce courrier entre 4 et 9 € facturent cinq lignes que vous pouvez écrire vous-même.
Le courrier part à l'adresse suivante : CNP Assurances, Service Relations clients, TSA 73845, 92894 Nanterre Cedex 9. Une fois le dossier complet, c'est-à-dire toutes les pièces réunies, le versement est annoncé sous 4 jours calendaires (document d'information sur les frais CNP / La Banque Postale, relevé du 21/04/2026). Ce compteur ne démarre qu'à la réception de la dernière pièce manquante : un dossier complet du premier envoi vous évite l'essentiel de l'attente.
Deux vérifications s'imposent avant d'envoyer quoi que ce soit. Si un bénéficiaire a formellement accepté sa désignation, votre rachat dépend désormais de sa signature. Et si le contrat a été nanti pour garantir un prêt, c'est le créancier qui doit lever le blocage.
Le piège des 70 ans
Si vous avez plus de 70 ans, un rachat total suivi d'un réinvestissement fait basculer vos sommes du régime de l'article 990 I du CGI — abattement de 152 500 € par bénéficiaire au décès — vers celui de l'article 757 B : un abattement global de 30 500 €, tous bénéficiaires confondus. C'est le point où un rachat mal pensé coûte le plus, et il ne se voit qu'au moment de la succession. Une transformation interne préserve au contraire les dates de versement d'origine.
Les cas où il vaut mieux ne pas bouger
1. Votre contrat a été ouvert avant le 27 septembre 2017. Les primes antérieures à cette date relèvent de l'ancien régime fiscal, souvent plus favorable après huit ans. Un rachat total le fait disparaître définitivement.
2. Votre contrat a plus de huit ans. L'abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) se reconstitue chaque année et permet des retraits sans impôt sur le revenu. Fermer, c'est attendre huit ans pour le retrouver.
3. Vous avez plus de 70 ans. Voir ci-dessus — c'est le cas le plus coûteux.
4. Votre encours est modeste. En dessous d'environ 50 000 €, un écart de frais de 0,3 % représente 150 € par an : cela ne justifie ni les démarches, ni la perte d'antériorité.
5. Le contrat comporte un bénéficiaire acceptant, ou il est nanti. Aucun rachat n'est possible sans l'accord écrit du bénéficiaire ou du créancier — une impossibilité juridique, pas un conseil.
Beauvoisine Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine. Nous ne sommes ni avocat, ni notaire, ni conseiller de CNP Assurances ou de La Banque Postale.
Savoir ce que votre contrat vous coûte
Envoyez-nous votre relevé annuel. Nous vous disons, en euros et non en pourcentage, ce que votre contrat vous coûte chaque année. C'est un calcul, pas une recommandation : nous vous donnons le chiffre, vous décidez ensuite.
Ce calcul n'a d'intérêt qu'à partir d'environ 50 000 € d'encours. En dessous, l'écart de frais se compte en dizaines d'euros par an et ne justifie pas de bouger — nous vous le dirons.
Attention
Le formulaire de contact ne prend pas de pièce jointe — c'est voulu, il ne stocke rien sur nos serveurs. Écrivez-nous d'abord : vous pourrez ensuite nous transmettre votre relevé par simple retour d'e-mail.



