Le métier d’avocat cumule souvent trois réalités :
- des revenus élevés mais irréguliers,
- des choix juridiques et fiscaux structurants,
- et très peu de temps disponible.
Résultat : le patrimoine se construit « au fil de l’eau » et est souvent le fruit de nombreuses décisions accumulées qui n’ont que peu de cohérence entre elles.
Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) vous aide à faire le lien entre :
- votre mode d’exercice (BNC, société type SELARL/SELAS, association),
- votre fiscalité (impôt sur le revenu, PFU, IFI),
- votre protection (prévoyance, retraite, assurance),
- vos investissements (financiers et immobiliers),
- votre transmission (famille, associés, cession de clientèle/cabinet).
Bon à savoir
Quelles particularités patrimoniales rendent les avocats différents ?
Beaucoup d’avocats ont un profil patrimonial « à forte pente » : la carrière peut accélérer vite, puis se stabiliser. Les décisions prises tôt (statut, protection, premières enveloppes d’investissement) ont un effet durable.
Points fréquents chez les avocats :
- revenus variables (honoraires, rétrocessions, dividendes),
- forte pression fiscale dès que la tranche marginale grimpe (30 %, 41 %, parfois 45 %),
- trésorerie professionnelle qui s’accumule (cabinet/SEL) sans stratégie claire,
- dépendance à la capacité de travail (risque d’arrêt, d’invalidité),
- patrimoine concentré : résidence principale + « cash » + parfois un ou deux biens locatifs.
Attention
Que faut-il comprendre sur l’impôt quand on commence à bien gagner sa vie ?
En France, l’impôt sur le revenu fonctionne par tranches. Sans entrer dans tous les détails, les paliers qui changent le plus la donne sont souvent :
- 30 % : quand on « bascule » dans une fiscalité sensible,
- 41 % : quand chaque euro supplémentaire est fortement taxé,
- 45 % : pour les très hauts revenus.
À cela peuvent s’ajouter :
- la flat tax (PFU) sur certains revenus du capital : 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux),
- les prélèvements sociaux : 17,2 % sur de nombreux revenus financiers,
- l’IFI si votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 M€.
Ces chiffres sont des repères usuels. Ils peuvent évoluer avec les lois de finances. L’intérêt du CGP est de raisonner en scénarios et en fourchettes, plutôt qu’en certitudes. Pour mieux anticiper l’impact de vos choix, vous pouvez utiliser notre simulateur de donation ou notre simulateur de pension retraite.
Quelles erreurs reviennent le plus souvent chez les avocats ?
Erreurs typiques que l’on rencontre :
- laisser 50 000 €, 100 000 € ou 300 000 € sur des comptes non rémunérés « en attendant »,
- confondre trésorerie pro et épargne perso, et mélanger les objectifs,
- investir « au hasard » : un appartement, puis un autre, sans calcul de risque, de liquidité et de fiscalité,
- sous-estimer la prévoyance : un arrêt de travail de 6 mois peut faire très mal si la couverture est faible,
- faire du « trop court terme » : placement inadapté à un horizon de 10–15 ans,
- oublier la transmission : clause bénéficiaire, régime matrimonial, organisation en cas de décès.
Attention
Comment un conseiller en gestion de patrimoine travaille-t-il concrètement avec un avocat ?
Un accompagnement sérieux suit une logique simple.
Quels objectifs patrimoniaux faut-il poser noir sur blanc ?
Exemples d’objectifs concrets :
- constituer 6 à 12 mois de « matelas » (charges pro + perso),
- investir 10 % à 25 % du revenu annuel quand la situation le permet,
- préparer un apport immobilier de 50 000 € à 200 000 € à horizon 3–5 ans (notre simulateur de crédit immobilier peut vous aider à cadrer ce projet),
- construire une retraite complémentaire via des versements programmés (par exemple 300 €, 800 € ou 1 500 € par mois),
- réduire la dépendance à un seul revenu (diversification).
Quels chiffres faut-il suivre pour piloter sans stress ?
Indicateurs simples, très efficaces :
- taux d’épargne réel (mensuel et annuel),
- niveau de trésorerie « utile » vs « dormante »,
- part investie par classes d’actifs (cash, obligations, actions, immobilier),
- liquidité : combien récupérable en 48 h, en 1 mois, en 6 mois,
- fiscalité marginale (TMI) et niveau de prélèvements.
Quelles enveloppes d’investissement sont les plus utiles quand on est avocat ?
Il n’existe pas « le meilleur » support. Il existe un bon outil pour un objectif donné, avec ses risques.
Voici un tableau de repères (débutants) :
| Enveloppe / support | À quoi ça sert surtout ? | Chiffres repères | Limites et risques |
|---|---|---|---|
| Assurance-vie | Investir à moyen/long terme, organiser la transmission | Abattement annuel sur gains après 8 ans : 4 600 € (seul) / 9 200 € (couple) | Frais variables, valeur non garantie en unités de compte |
| PEA | Investir en actions (Europe) sur le long terme | Plafond de versement : 150 000 € | Risque actions (baisse possible de 30 % à 50 % en crise) |
| Compte-titres | Investir sans plafond, plus flexible | PFU souvent à 30 % sur gains/dividendes | Fiscalité au fil de l’eau, volatilité selon actifs |
| PER | Préparer la retraite avec avantage fiscal à l’entrée | Déduction possible ; exemple : 12 000 € versés = économie d’impôt jusqu’à 5 520 € si TMI 46 % (cas hauts revenus) | Argent bloqué jusqu’à la retraite sauf cas de sortie ; fiscalité à la sortie |
| Immobilier locatif | Revenus potentiels, diversification | Vacance, charges, travaux : prévoir souvent 1 % à 2 %/an du prix en budget entretien | Illiquidité, concentration, risque locatif |
Parmi les enveloppes les plus adaptées aux avocats, on retrouve souvent l’assurance-vie, le PEA et le PEA-PME. Pour les profils les plus prudents, le LEP reste un livret intéressant tant que les conditions d’éligibilité sont remplies.
Avantage fiscal
Comment arbitrer entre rémunération et dividendes quand on exerce en société ?
Quand vous exercez en SEL (SELARL/SELAS), la question revient vite : faut-il se payer en salaire/rémunération, ou en dividendes ? Ce choix entre statut TNS et assimilé salarié a un impact direct sur votre fiscalité et votre protection sociale.
Repères chiffrés utiles :
- impôt sur les sociétés (IS) : taux normal souvent à 25 % ; un taux réduit à 15 % peut exister jusqu’à un certain niveau de bénéfices (souvent 42 500 € selon les règles usuelles),
- PFU sur dividendes : 30 % dans de nombreux cas,
- selon votre statut social, une partie des dividendes peut aussi être soumise à cotisations sociales (cas fréquent des gérants majoritaires, avec seuil calculé notamment autour de 10 % du capital + comptes courants).
Ce point est technique. Il se traite avec une approche « tout compris » : impôts + charges sociales + besoins personnels + capacité d’investissement + protection sociale.
Bon à savoir
Comment protéger votre activité et votre famille sans surpayer ?
La protection est souvent le parent pauvre. Pourtant, c’est un levier majeur pour les professions libérales. Vous pouvez notamment envisager un contrat homme-clé pour sécuriser votre cabinet en cas d’imprévu.
Couvertures à examiner :
- prévoyance (arrêt de travail, invalidité, décès),
- complémentaire santé,
- assurance emprunteur (si immobilier),
- responsabilité civile professionnelle (obligatoire dans beaucoup de cas),
- protection du conjoint et des enfants.
Exemple
Vous dépendez de 8 000 € nets par mois pour vivre. Un contrat de prévoyance peut viser, par exemple, 150 € à 250 € par jour d’indemnités journalières. L’écart entre ce que verse la CNBF et vos besoins réels est souvent important : c’est ce « gap » que l’on cherche à combler.
Comment préparer la retraite quand on est avocat ?
Les avocats cotisent à la CNBF (Caisse Nationale des Barreaux Français). La retraite de base reste modeste, même après une longue carrière. Pour estimer vos droits et envisager un rachat de trimestres, il est essentiel de réaliser un bilan complet.
Pistes complémentaires :
- versements sur un PER (avec déduction fiscale à l’entrée),
- assurance-vie en gestion pilotée pour un horizon long,
- investissement immobilier locatif pour générer des revenus réguliers à la retraite,
- PEA pour capitaliser sur les marchés actions avec une fiscalité avantageuse après 5 ans.
Pourquoi se faire accompagner par Beauvoisine Patrimoine quand on est avocat ?
Chez Beauvoisine Patrimoine, nous accompagnons des professions libérales, dont des avocats, dans la structuration globale de leur patrimoine. Notre approche repose sur :
- un audit patrimonial complet (professionnel + personnel),
- des recommandations personnalisées, jamais de solutions « prêtes à l’emploi »,
- un suivi dans la durée, avec des points réguliers pour ajuster la stratégie,
- une indépendance dans le choix des solutions proposées.
Quels exemples chiffrés peuvent guider un avocat débutant ou confirmé ?
Voici deux profils types pour illustrer la démarche.
Profil 1 – Avocat collaborateur, 28 ans, 55 000 € nets/an
- Priorité : constituer une épargne de précaution, ouvrir un PEA et une assurance-vie.
- Budget mensuel investissement : 500 € à 800 €.
- Objectif 5 ans : 40 000 € à 60 000 € d’épargne investie.
Profil 2 – Avocat associé en SELARL, 42 ans, 180 000 € nets/an
- Priorité : optimiser la rémunération/dividendes, renforcer la prévoyance, préparer la retraite.
- Budget mensuel investissement : 2 000 € à 4 000 €.
- Objectif 10 ans : patrimoine diversifié de 400 000 € à 600 000 € hors résidence principale.
Si vous êtes avocat et que vous souhaitez envisager la cession de votre cabinet, une anticipation patrimoniale est indispensable pour optimiser les conditions de sortie.


