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Conseiller en gestion de patrimoine pour les dentistes

À retenir

  • Vous avez souvent deux patrimoines à piloter : le cabinet (outil de travail + trésorerie) et le privé (famille, immobilier, placements).
  • Votre fiscalité dépend beaucoup de votre structure : BNC à l’impôt sur le revenu, ou SEL à l’impôt sur les sociétés, avec des choix qui se chiffrent vite en dizaines de milliers d’euros.
  • Le vrai enjeu n’est pas « gagner plus » : c’est d’être cohérent, protégé, liquide, et de réduire les erreurs coûteuses.

Un cabinet dentaire peut générer un bon niveau de revenus. Mais il crée aussi des contraintes. Crédit d’installation, charges, impôts, risques d’arrêt de travail, et manque de temps pour tout piloter. Les problématiques sont d’ailleurs proches de celles rencontrées par les médecins libéraux en gestion de patrimoine.

Un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) vous aide à relier les points. Fiscalité, investissements, protection, retraite, immobilier, et préparation de la cession du cabinet. L’objectif : une stratégie simple, chiffrée, et réaliste.

Bon à savoir

Beaucoup de dentistes confondent chiffre d’affaires (CA) et bénéfice. Ce qui compte pour l’impôt et l’épargne, c’est le bénéfice (BNC) ou la rémunération nette (en SEL).

Quelles sont les spécificités financières d’un dentiste libéral ?

Vous cumulez souvent plusieurs particularités.

  • Des revenus concentrés : un bénéfice annuel « à six chiffres » est fréquent, mais très variable (localisation, volume d’activité, spécialité, charges, équipe).
  • Un effet « crédit + matériel » : fauteuils, imagerie, travaux, informatique. Les tickets sont vite élevés (par exemple 30 000 €, 80 000 €, 150 000 € selon les équipements). Pour anticiper vos mensualités, notre simulateur de crédit immobilier peut vous donner un premier repère.
  • Une trésorerie d’activité : parfois importante, parfois tendue, selon le rythme des encaissements, les charges sociales, et les investissements.
  • Un risque humain majeur : si vous ne pouvez pas exercer, votre revenu peut chuter brutalement.

Voici une lecture simple des flux à suivre.

Élément Exemple concret Pourquoi c’est important ?
Trésorerie “tampon” 3 à 9 mois de charges Éviter de vendre au mauvais moment ou de subir un découvert
Impôts + charges sociales appels provisionnels + régularisations Les surprises de trésorerie coûtent cher
Investissements pro matériel tous les 3 à 7 ans Anticiper, lisser, financer au bon coût
Épargne perso 500 € à 3 000 € / mois (selon situation) Construire un patrimoine “hors cabinet”
Endettement crédit pro sur 5 à 12 ans Arbitrer entre remboursement, épargne, et sécurité

Quelles erreurs reviennent le plus souvent chez les dentistes ?

On voit régulièrement les mêmes pièges.

  • Tout laisser dormir sur le compte pro : c’est liquide, mais souvent mal rémunéré, et fiscalement sous-optimisé selon la structure.
  • Investir « à l’instinct » : un achat immobilier « parce que tout le monde le fait », sans calcul de cash-flow, de fiscalité, ni de risque locatif. Se poser la question de base — faut-il acheter ou louer — est déjà un bon réflexe.
  • Sous-assurer le risque d’arrêt de travail : alors que votre revenu dépend directement de votre capacité à exercer.
  • Mélanger pro et perso : dépenses, dettes, et placements sans séparation claire.
  • Choisir une structure trop tard : passer en SEL (ou créer une holding) après 5 ans de croissance peut coûter plus cher que si c’est pensé plus tôt. La mécanique du LBO peut d’ailleurs entrer en jeu lors de la structuration via une holding.

Comment choisir entre BNC et SEL (SELARL/SELAS) sans se tromper ?

Le choix se résume souvent à une question : où se situe votre « surplus » après votre niveau de vie et votre épargne personnelle ?

  • En BNC (impôt sur le revenu), votre bénéfice est imposé chez vous. C’est simple, mais la tranche marginale d’imposition (TMI) peut devenir pénalisante.
  • En SEL à l’IS (impôt sur les sociétés), la société paie l’IS sur son résultat, puis vous vous rémunérez (salaire/rémunération) et/ou vous distribuez des dividendes. Cela peut donner plus de leviers, mais c’est plus technique.

Un repère fiscal souvent utilisé (à vérifier selon l’année) :

  • IS standard : 25 %.
  • Taux réduit d’IS : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, sous conditions de PME.

Ce n’est pas « mieux » ou « moins bien » en soi. Cela dépend de votre situation familiale, de vos objectifs, de votre horizon, et de votre besoin de simplicité. Pensez aussi à anticiper les conséquences fiscales en cas de contrôle : notre guide complet sur le contrôle fiscal détaille les points de vigilance.

Exemple simple :
Vous dégagez 180 000 € de bénéfice avant impôt et vous avez besoin de 90 000 € par an pour vivre.
Une SEL peut permettre de laisser une partie du résultat dans la société (après IS) pour investir progressivement, au lieu de tout remonter et tout imposer à l’IR.
Mais il faut chiffrer : rémunération, dividendes, charges sociales, et projet d’investissement.

Bon à savoir

Le bon raisonnement n’est pas « IS = magique ». Le bon raisonnement est « combien dois-je sortir chaque année, et combien puis-je laisser travailler dans le temps ? ».

Quels outils simples existent pour optimiser l’impôt sans complexifier votre vie ?

Vous n’avez pas besoin de 12 produits. Vous avez besoin de 3 à 5 briques cohérentes.

Quels enveloppes et usages faut-il connaître ?

Outil À quoi ça sert ? Repères chiffrés utiles
Assurance-vie Épargne long terme, transmission, souplesse Après 8 ans : abattement annuel sur les gains de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple)
PEA Investir en actions européennes avec cadre fiscal Plafond de versements 150 000 € (PEA) ; avec PEA-PME, plafond global souvent 225 000 €
PER Préparer la retraite et lisser l’impôt Déduction possible selon règles et plafonds (souvent liés au PASS)
Immobilier Se constituer un actif tangible Rendement, fiscalité, vacance, travaux à chiffrer
Contrats de prévoyance Protéger votre revenu Le “risque” est certain : l’arrêt de travail arrive un jour, la question est “dans quelles conditions ?”

Parmi les dispositifs de réduction d’impôt parfois adaptés aux professions libérales, les SOFICA peuvent mériter un examen selon votre TMI et votre appétence au risque.

Avantage fiscal

Le PER peut réduire votre impôt l’année du versement, mais l’argent est souvent moins liquide, et la sortie est fiscalisée. Il faut le traiter comme un outil de retraite, pas comme une simple « astuce d’impôt ».

Exemple de logique PER :
Vous versez 6 000 € sur un PER.
L’économie d’impôt dépend de votre TMI.
Si votre TMI est de 30 %, l’ordre de grandeur de l’économie peut être autour de 1 800 € (hors particularités).
Mais vous acceptez une contrainte : horizon long, règles de sortie, fiscalité future.

Comment investir la trésorerie du cabinet sans prendre de risques inutiles ?

La trésorerie pro n’est pas votre « casino ». C’est un outil de stabilité.

Une méthode utile : séparer en 3 poches.

  1. Poche sécurité : dépenses et imprévus (souvent 3 à 9 mois de charges).
  2. Poche projets : matériel, travaux, association, rachat de parts (horizon 12 à 36 mois).
  3. Poche long terme : ce que vous pouvez immobiliser plus longtemps, avec une volatilité acceptable. Le simulateur PEA peut vous aider à projeter le potentiel d’une enveloppe actions sur le long terme.

Illustration chiffrée :
Trésorerie disponible : 120 000 €.
Sécurité : 45 000 € (charges + impôts à venir).
Projets à 18 mois : 35 000 € (imagerie / rénovation).
Long terme : 40 000 € (investissement progressif, diversifié).
L’objectif n’est pas la performance « max ». C’est d’éviter le mauvais timing et le stress.

Ici, le rôle d’un CGP est de mettre des règles, pas de « deviner le marché ». Diversification, horizon, liquidité, et pilotage régulier.

Pourquoi la protection est-elle un sujet non négociable pour les dentistes ?

Votre actif principal, c’est vous.

Deux chiffres parlent souvent :

  • Un arrêt de travail de 30 jours peut faire perdre un mois de revenus, tout en gardant une partie des charges. Si vous êtes concerné par les indemnités journalières, consultez notre page sur les IJSS et leur fiscalité.
  • Une incapacité longue peut détruire un patrimoine en quelques années si rien n’est prévu.

Vous devez regarder :

  • Prévoyance (indemnités journalières, invalidité, rente). C’est un sujet central, détaillé dans notre page dédiée à la prévoyance du dirigeant.
  • Mutuelle (dentaire, optique, hospitalisation, selon famille).
  • Assurance emprunteur (sur vos crédits pro et immo).
  • Responsabilité civile pro (obligatoire, mais niveaux de garanties à vérifier).

Exemple simple :
Charges fixes cabinet + perso : 9 000 € / mois.
Sans couverture suffisante, 3 mois d’arrêt = 27 000 € à financer.
Une bonne prévoyance sert à éviter de vendre des actifs au mauvais moment.

Comment préparer la retraite et la cession du cabinet sans stress ?

La retraite du dentiste ne se résume pas aux régimes obligatoires. Pour estimer vos droits, utilisez notre simulateur de pension retraite gratuit. Et si vous envisagez de racheter des trimestres pour partir plus tôt ou améliorer votre pension, notre simulateur de rachat de trimestres vous donnera un premier chiffrage.

En quoi Beauvoisine Patrimoine peut-il vous aider concrètement ?

Chez Beauvoisine Patrimoine, nous accompagnons les dentistes libéraux dans la construction d’une stratégie patrimoniale cohérente. Fiscalité, protection, investissements, préparation de la cession : chaque brique est pensée en lien avec les autres.

Quels exemples concrets peuvent guider un dentiste selon sa situation ?