À retenir dès le départ : vous vivez à l’étranger, mais une partie de vos bien peut rester française. Votre patrimoine devient “multi-pays”. Les erreurs se paient souvent en impôts, en frais, ou en risques mal couverts. Un conseiller en gestion de patrimoine vous aide à décider plus vite et plus proprement, sans improvisation.
Quand vous êtes expatrié, vous devez gérer plusieurs sujets en même temps. Il y a votre pays de résidence, la France, parfois un troisième pays (ancien pays, futur pays, pays d’un conjoint). Il y a aussi des devises. Il y a enfin des contrats qui n’aiment pas trop les changements de situation (banque, assurance-vie, crédit, protection).
Bon à savoir
Quelles sont les difficultés patrimoniales les plus fréquentes quand vous vivez à l’étranger ?
La première difficulté est la résidence fiscale. Elle change la fiscalité de vos revenus, de vos plus-values et parfois de vos contrats. Elle change aussi vos obligations déclaratives.
La deuxième difficulté est la cohérence globale. Vous avez souvent plusieurs comptes, plusieurs contrats et plusieurs interlocuteurs. Sans plan, vous empilez des décisions. Vous ne voyez plus votre risque réel.
La troisième difficulté est le risque de change. Même un placement “stable” peut devenir instable si votre future dépense est dans une autre devise.
La quatrième difficulté est la protection. Beaucoup d’expatriés découvrent trop tard qu’ils ont un trou de couverture. Cela concerne la prévoyance, le décès, l’invalidité, et parfois l’assurance emprunteur.
Attention
Comment déterminer votre résidence fiscale et pourquoi est-ce crucial ?
La résidence fiscale n’est pas une simple question d’adresse. Elle dépend de critères concrets. On regarde notamment votre foyer, votre lieu de séjour principal, votre activité principale et le centre de vos intérêts économiques.
Dans la pratique, ce sujet doit être traité avant tout le reste. Vous ne pouvez pas optimiser une fiscalité que vous n’avez pas correctement identifiée.
Exemple simple : vous partez 10 mois par an à l’étranger, mais votre conjoint et vos enfants restent en France.
Dans ce cas, il est fréquent que l’administration considère que le foyer reste en France. Le résultat peut être une fiscalité française plus large que ce que vous aviez prévu.
Quels impôts français peuvent encore s’appliquer si vous êtes non-résident ?
Même non-résident, vous pouvez rester imposé en France sur certains revenus de source française. C’est souvent le cas de l’immobilier en France et de certains revenus professionnels.
Voici une vue simple et utile.
| Revenus de source française | Imposition en France quand vous êtes non-résident ? | Point d’attention |
|---|---|---|
| Loyers (location vide) | Oui | Régime foncier, charges, règles de prélèvements sociaux selon votre affiliation |
| Location meublée (LMNP) | Oui | Régime BIC, comptabilité possible, règles de revente modifiées depuis 2025 |
| Plus-values immobilières en France | Oui | Abattements selon durée, calendrier de vente, justificatifs |
| Salaires imposables en France | Souvent oui | Mécanismes spécifiques “non-résident” selon les cas |
| Revenus financiers français | Variable | Conventions fiscales et fiscalité locale à vérifier |
Quels chiffres concrets devez-vous connaître avant de décider ?
Vous n’avez pas besoin de connaître toute la loi. En revanche, vous devez connaître quelques chiffres clés. Ils permettent de vérifier rapidement si votre plan est cohérent.
Quel est le barème de l’impôt sur le revenu utilisé en 2025 pour les revenus 2024 ?
Pour 1 part, les tranches sont les suivantes :
- 0% jusqu’à 11 497 €
- 11% de 11 498 € à 29 315 €
- 30% de 29 316 € à 83 823 €
- 41% de 83 824 € à 180 294 €
- 45% au-delà de 180 294 €
Ce barème sert de repère pour comprendre votre taux marginal. Il n’est pas “votre taux moyen”.
Quel est le taux minimum souvent appliqué aux non-résidents sur leurs revenus français ?
Pour les non-résidents, on retrouve souvent un taux minimum de :
- 20% si vos revenus imposables en France sont inférieurs ou égaux à 29 315 €
- 30% au-delà de 29 315 €
Exemple simple : revenu net imposable de source française = 30 000 €.
Calcul indicatif au taux minimum : 29 315 × 20% + 685 × 30% = 6 068,50 €.
Quels sont les prélèvements sociaux “classiques” en France sur les revenus du patrimoine ?
Le taux “standard” est de 17,2%. Il se décompose comme suit :
- CSG : 9,2%
- CRDS : 0,5%
- prélèvement de solidarité : 7,5%
Attention, ce point dépend aussi de votre affiliation à un régime obligatoire de sécurité sociale. Si vous êtes affilié à un régime de l’EEE ou de la Suisse (et dans certains cas du Royaume-Uni), vous pouvez être exonéré de CSG et de CRDS sur certains revenus, tout en restant redevable du prélèvement de solidarité de 7,5%.
Quels sont les taux du Livret A et du LEP au 1er février 2026 ?
Au 1er février 2026 :
- Livret A : 1,5%
- LEP : 2,5%
Ces chiffres servent de “taux plancher” pour juger votre trésorerie en euros. Ils ne disent pas si vous devez investir. Ils aident seulement à mesurer le coût d’opportunité de laisser trop de liquidités non rémunérées.
À partir de quel seuil l’IFI peut-il vous concerner si vous gardez de l’immobilier en France ?
Le seuil d’assujettissement à l’IFI est de 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier net taxable. Le barème commence à 800 000 €, mais vous n’êtes imposable que si vous dépassez 1,3 million.
Les tranches et taux sont :
- jusqu’à 800 000 € : 0%
- 800 001 € à 1 300 000 € : 0,5%
- 1 300 001 € à 2 570 000 € : 0,7%
- 2 570 001 € à 5 000 000 € : 1%
- 5 000 001 € à 10 000 000 € : 1,25%
- au-delà de 10 000 000 € : 1,5%
Exemple simple : patrimoine immobilier net taxable = 1 500 000 €.
800 000 → 1 300 000 : 500 000 × 0,5% = 2 500 €
1 300 000 → 1 500 000 : 200 000 × 0,7% = 1 400 €
Total indicatif : 3 900 €
Quels placements français pouvez-vous garder ou utiliser quand vous êtes expatrié ?
Votre objectif n’est pas d’avoir “un bon produit”. Votre objectif est d’avoir une architecture robuste. Elle doit fonctionner malgré les déménagements et les changements de devise.
Pouvez-vous conserver un PEA si vous quittez la France ?
Oui, vous pouvez conserver un PEA après votre départ. Il y a une exception importante si votre nouveau pays de résidence est un État ou territoire non coopératif.
Vous ne pouvez en revanche ouvrir un PEA que si votre domicile fiscal est en France. C’est une différence essentielle.
L’assurance-vie est-elle encore pertinente quand vous êtes non-résident ?
Souvent oui, mais il faut être précis. L’assurance-vie reste utile pour la souplesse, la diversification et la transmission. En revanche, la fiscalité varie selon votre statut au moment du rachat et selon votre pays de résidence.
Sur les contrats de plus de 8 ans, on retrouve souvent :
- un taux de 7,5% sur une partie des gains, sous conditions,
- et 12,8% dans d’autres cas,
- avec un seuil d’encours de 150 000 € par personne à connaître.
L’abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) est un point souvent mal compris. Il concerne en pratique les contribuables fiscalement domiciliés en France. Si vous êtes non-résident au moment du rachat, ce mécanisme n’est généralement pas applicable.
Attention
Les livrets réglementés sont-ils accessibles quand vous êtes non-résident ?
En pratique, beaucoup d’expatriés ne peuvent plus détenir certains livrets comme le LEP, le LDDS ou le Livret Jeune. Votre banque peut aussi limiter des services si votre dossier “non-résident” n’est pas à jour.
Qu’est-ce que l’exit tax et quand devez-vous vous en préoccuper ?
L’exit tax vise certaines plus-values latentes sur titres lorsque vous transférez votre domicile fiscal hors de France. Vous êtes typiquement concerné si vous avez été résident fiscal français au moins 6 années sur les 10 dernières années, et si vous franchissez l’un des deux seuils suivants :
- valeur globale des titres supérieure à 800 000 €, ou
- détention de plus de 50% des droits d’une société, quelle que soit la valeur.
Un point technique important concerne le délai au bout duquel vous pouvez obtenir un dégrèvement automatique si vous ne cédez pas vos titres. Depuis la réforme applicable à partir du 1er janvier 2025, ce délai est en général de :
- 2 ans si la valeur globale des titres est inférieure à 2,57 millions d’euros,
- 5 ans au-delà.
Exemple simple : vous détenez 900 000 € d’ETF et d’actions en portefeuille au jour du départ.
Vous dépassez le seuil de 800 000 €. L’exit tax devient un sujet de calendrier, de suivi et de déclarations.
Qu’est-ce qui change si vous louez un bien en France pendant votre expatriation ?
Beaucoup d’expatriés gardent un appartement en France. C’est logique. Mais l’immobilier a ses propres règles, et elles ont évolué.
Si vous louez en meublé (LMNP), un point majeur a changé depuis 2025 : les amortissements pratiqués peuvent être réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente. Cela peut augmenter mécaniquement la base imposable.
Sur les plus-values immobilières, il existe aussi des repères de durée. À titre indicatif, l’exonération d’impôt sur le revenu intervient après 22 ans de détention, et l’exonération de prélèvements sociaux après 30 ans.
Exemple simple : vous achetez un bien 200 000 €, vous amortissez 50 000 € sur plusieurs années, puis vous revendez 260 000 €.
Votre “gain économique” semble être 60 000 €. Mais la base de calcul peut augmenter si les amortissements sont réintégrés. Le résultat dépend de votre situation et du régime choisi.
Comment Beauvoisine Patrimoine peut-il vous aider de façon concrète et utile ?
Un expatrié a besoin d’un plan lisible. Il a aussi besoin d’un interlocuteur qui coordonne.
Beauvoisine Patrimoine peut vous accompagner sur :
- un diagnostic patrimonial complet, avec une vision multi-pays,
- une stratégie d’investissement cohérente avec vos objectifs, votre horizon et votre devise,
- le choix des enveloppes et des supports, sans promesse de performance,
- la protection (décès, prévoyance, emprunteur, responsabilité), via le courtage en assurances,
- la structuration de la transmission (bénéficiaires, donations, cohérence familiale).
L’objectif est simple : réduire les angles morts et éviter les décisions irréversibles prises trop vite.
Avantage fiscal
En France, l’abattement de donation parent-enfant est de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Il existe aussi un “don familial de somme d’argent” exonéré jusqu’à 31 865 € tous les 15 ans, sous conditions (notamment âge du donateur et du bénéficiaire).
Quels exemples chiffrés parlent le mieux aux expatriés en pratique ?
Voici des exemples simples. Ils ne sont pas des conseils personnalisés. Ils montrent surtout où se cachent les vrais risques.
Vous vivez à Singapour et vous préparez un retour en France dans 3 ans.
Vous gardez 120 000 € en cash en euros sur un compte à 0%.
À 1,5% (Livret A, si vous étiez éligible), cela représenterait environ 1 800 € d’intérêts bruts sur un an.
Le sujet n’est pas “le Livret A”. Le sujet est votre politique de trésorerie.
Vous êtes non-résident et vous percevez 30 000 € de revenus imposables de source française.
Le taux minimum peut conduire à un impôt indicatif d’environ 6 068,50 €.
Si vous aviez budgété 3 000 €, votre trésorerie est en danger.
Vous détenez 1 450 000 € d’immobilier net taxable en France.
Vous pouvez être redevable de l’IFI, même si vous vivez à l’étranger, selon votre situation.
Sur un calcul indicatif, cela peut représenter autour de 3 900 €.
Vous partez avec un portefeuille titres de 900 000 €.
Vous franchissez le seuil de 800 000 €.
L’exit tax devient un sujet à piloter, même si vous ne vendez rien tout de suite.
Vous voulez aider votre enfant à acheter sa résidence principale.
Vous donnez 100 000 € et l’autre parent donne 100 000 €.
Vous utilisez ainsi 200 000 € d’abattement “parent-enfant” dans le cadre des règles classiques.
En plus, il existe une exonération temporaire, jusqu’au 31 décembre 2026, pour certains dons destinés à acheter un logement ou financer des travaux de rénovation énergétique, dans la limite de 100 000 € par donateur et 300 000 € par donataire, sous conditions strictes.
Vous louez un bien en meublé (LMNP) pendant votre expatriation.
Vous amortissez 6 000 € par an pendant 8 ans, soit 48 000 €.
À la revente, ces amortissements peuvent augmenter la base de la plus-value imposable.
Cela ne rend pas le LMNP “mauvais”. Cela rend la stratégie plus technique.
Attention


