Accompagnement des victimes d’accidents
et personnes en situation de handicap

Rachat de crédits : dans quels cas est-il pertinent et comment procéder ?

Le rachat de crédits (ou « regroupement de crédits ») consiste à rassembler plusieurs emprunts en un seul.

Vous n’avez plus qu’une mensualité, un seul taux annuel effectif global (TAEG) et une durée unique. Cette opération peut concerner des crédits à la consommation (de 200 € à 75 000 €), des découverts, des dettes fiscales ou familiales, et parfois un prêt immobilier. Lorsque plus de 60 % du nouveau financement concerne l’immobilier, l’opération relève du régime « prêt immobilier » ; sinon, elle reste « crédit à la consommation ». Pour mieux comprendre les termes utilisés dans cet article, consultez notre lexique fiscal complet.

Bon à savoir

Le TAEG inclut intérêts, frais de dossier, courtage, assurance obligatoire et garanties. Le TAEA sert à comparer uniquement le coût de l’assurance emprunteur.

Dans quels cas le rachat de crédits est-il pertinent ?

Vous cherchez à réduire votre mensualité pour améliorer votre trésorerie, financer un nouveau projet ou éviter un incident bancaire. En pratique, les banques visent un taux d’endettement maximal autour de 35 % de vos revenus nets. Si vous êtes au-delà, allonger la durée (ex. de 60 à 120 mois) permet souvent de baisser la mensualité de 30 % à 60 %, au prix d’un coût total plus élevé.

Le rachat de crédits peut aussi s’avérer stratégique après une cession d’entreprise pour restructurer ses finances et réinvestir dans de nouveaux projets.

Illustration simple
Hypothèses : revenus nets 2 800 €/mois, mensualités actuelles 1 100 € (taux d’endettement 39 %). Après rachat sur 120 mois à TAEG 6,2 %, mensualité cible 700 € ; endettement ≈ 25 %. Objectif atteint, mais durée doublée : coût total en hausse.

Quels types de crédits pouvez-vous regrouper ?

  • Prêts personnels et auto/moto (souvent 12 à 84 mois, parfois jusqu’à 144 mois en rachat).
  • Crédits renouvelables (souvent à 12–20 % TAEG).
  • Découverts (taux débiteurs fréquemment supérieurs à 15 %).
  • Prêt immobilier restant dû (avec garantie hypothécaire ou caution). Si vous envisagez un nouveau projet immobilier via une structure dédiée, notre guide complet sur la SCI peut vous être utile.
  • Retards d’impôts, dettes de charges, trésorerie due à un événement.

Les cartes et crédits renouvelables, très coûteux, sont prioritaires à rembourser ou à intégrer au rachat.

Combien cela coûte-t-il réellement ?

Le coût total dépend de 4 leviers : taux, durée, assurance et frais.

  • Taux : un rachat conso se situe fréquemment entre 5 % et 12 % TAEG selon profil, montant (souvent 5 000 à 100 000 €) et durée (jusqu’à 144 mois). Un rachat hypothécaire peut viser 3,5 % à 6,5 % TAEG selon marché et garanties.
  • Durée : plus elle est longue, plus le coût total augmente. Passer de 60 à 120 mois peut presque doubler les intérêts payés à taux identique.
  • Assurance : 0,10 % à 0,70 %/an (TAEA) selon âge, métier, garanties (DC/ITT/IPT). Les personnes en situation de handicap ou victimes d’accident peuvent bénéficier de dispositifs spécifiques.
  • Frais : dossier (souvent 0 % à 1,5 % du capital), courtage (fréquemment 1 % à 7 % avec plafond contractuel), garantie hypothécaire ou caution (≈ 0,5 % à 2,0 %). Des indemnités de remboursement anticipé (IRA) peuvent s’ajouter sur vos anciens prêts.

Pour estimer précisément le coût d’un nouveau prêt immobilier intégré au rachat, utilisez notre simulateur de crédit immobilier.

Bon à savoir

IRA crédit conso : 1 % du capital remboursé s’il reste > 1 an, 0,5 % s’il reste < 1 an. IRA prêt immo : plafonnées à 3 % du capital restant dû ou 6 mois d’intérêts, le plus faible des deux.

Comment se déroule un rachat de crédits pas à pas ?

  1. Diagnostic : listez capitaux restants dus, taux, échéances, dates de fin, frais de solde.
  2. Cadrage : fixez l’objectif (ex. mensualité cible 600–700 €).
  3. Préparer votre dossier : vos revenus, relevés bancaires, tableaux d’amortissement, assurances en cours.
  4. Offres : comparez TAEG/TAEA, frais, garanties, clauses d’IRA.
  5. Signature : délai de rétractation : 14 jours (conso) ; délai légal d’acceptation : 10 jours min. (immo).
  6. Décaissement : l’établissement solde vos anciens crédits et met en place la nouvelle mensualité.

Comment comparer deux offres de rachat de crédits ?

Créez un tableau de comparaison sur 4 axes : mensualité, durée, TAEG/TAEA, coût total (intérêts + frais). Ajoutez le « reste à vivre » mensuel.

Critère Offre A Offre B
Capital regroupé 38 000 € 38 000 €
Durée 120 mois 96 mois
TAEG 6,2 % 7,1 %
Mensualité 423 € 485 €
Coût total estimé* 12 760 € 9 600 €
TAEA (assurance) 0,30 % 0,18 %
Frais initiaux 1 200 € 900 €

*Estimation : intérêts + assurance + frais. Une mensualité plus basse (Offre A) n’implique pas forcément le coût total le plus faible (durée plus longue).

Ne vous limitez jamais à la mensualité. Regardez le coût total et la flexibilité (paliers, modulation ±10 % à ±30 %, reports).

Pouvez-vous vraiment économiser ?

Oui, sur la mensualité, souvent de 25 % à 60 % selon l’allongement de durée et la baisse des taux des crédits les plus chers (renouvelables à 15–20 %).

Non, sur le coût total si vous allongez nettement la durée : vous payez plus d’intérêts.

Exemple chiffré « Avant / Après » (conso sans hypothèque)
Avant :
– 12 000 € à 8,5 % sur 60 mois → 246 €/mois
– 6 000 € à 16 % sur 36 mois → 211 €/mois
– 3 000 € à 19 % sur 24 mois → 152 €/mois
Total : 609 €/mois
Après : rachat 21 000 € + 900 € de frais = 21 900 € à 6,4 % sur 120 mois → ≈ 247 €/mois
Baisse de mensualité : – 362 € (– 59 %). Coût total : en hausse car durée doublée.

Les économies dégagées peuvent être redirigées vers une épargne performante. Découvrez par exemple les avantages du PEA grâce à notre simulateur ou les possibilités du Livret bleu pour sécuriser vos liquidités.

Quelles sont les conditions d’acceptation ?

  • Stabilité des revenus : CDI, fonction publique, retraite, BNC récurrents si indépendant. Les sportifs de haut niveau bénéficient d’un accompagnement patrimonial adapté pour structurer leurs revenus.
  • Endettement : cible ≤ 35 % après opération.
  • Reste à vivre : laissé à l’appréciation de la banque selon foyer.
  • Incidents : FICP/BDF pénalisant mais parfois finançable en hypothécaire.
  • Garantie : hypothèque/caution requise si part immo importante ou montants élevés (souvent > 75 000 €).
  • Âge : l’assurance peut limiter la durée (ex. fin avant 75–85 ans selon assureur). Pour anticiper vos revenus à la retraite, utilisez notre simulateur de pension retraite.

Bon à savoir

Vous pouvez déléguer l’assurance emprunteur (loi : liberté de choix si équivalence de garanties). Économies possibles de 20 % à 60 % sur la prime.

Les chefs d’entreprise confrontés à des difficultés peuvent également explorer les solutions liées au chômage du chef d’entreprise avant d’envisager un rachat de crédits.

Comment préparer un dossier solide rapidement ?

  • Justificatifs : 3 derniers bulletins, avis d’IR, relevés 3 mois, tableaux d’amortissement, échéanciers.
  • Budget : listez charges fixes (loyer, énergie, assurances) et variables.
  • Objectif chiffré : mensualité cible et durée max. acceptable (ex. ≤ 120 mois).
  • Stratégie assurance : demander TAEA en délégation et en contrat groupe.
  • Clauses : IRA, modulation, report d’échéances, frais de mainlevée/garantie.

Pour une étude personnalisée de votre situation et obtenir les meilleures conditions de rachat, contactez notre cabinet Beauvoisine. Nos conseillers en gestion de patrimoine vous accompagnent à chaque étape du processus.